Nathalie Lemmens et Laura Heyrman soudain réunies dans la même équipe en Pologne

02/03/2026

Après Silke Van Avermaet, Nathalie Lemmens est la deuxième Yellow Tiger à être engagée comme medical joker. Une coïncidence frappante : en peu de tijd, deux internationales belges vivent la même situation, toutes deux appelées à remplacer une centrale blessée. Un signe clair de la dureté du calendrier international actuel.

La Limbourgeoise Nathalie Lemmens — 1m95, bientôt 31 ans — évoluait à Pérouse en Italie. Le club italien a terminé tout en bas de la Serie A1. La saison n’a pas répondu aux attentes sur les rives du Tibre, même si, après un changement d’entraîneur, de beaux résultats ont encore été obtenus : de superbes victoires contre Chieri et Busto Arsizio, et même un set arraché à l’intouchable Conegliano. La saison était terminée.
Puis est arrivée une opportunité inattendue : rejoindre la Tauron Liga polonaise, au sein du leader DevelopRes Rzeszów. De plus, le champion de Pologne est toujours en course en Ligue des Champions. Un joli bonus. La nouvelle équipe de Lemmens affrontera en quarts de finale le géant turc Eczacibasi Istanbul dans une double confrontation.

« Ce n’était pas une solution d’urgence, mais peut-être un tremplin vers de nouvelles aventures »

Nathalie Lemmens :
« Cette offre de Pologne est arrivée au moment parfait. Sans cela, j’aurais eu deux mois sans volley, en attendant le programme d’été avec la sélection belge. Rester inactive n’était pas une option. Je suis vraiment heureuse. Je passe du bas du classement italien — même si toutes les équipes y sont très fortes — au sommet absolu du championnat polonais. Ici, tout semble parfaitement organisé. C’est une opportunité incroyable. »

Et tu retrouves en Pologne une autre star belge…
« Oui, Laura Heyrman. Quand j’étais jeune à la Topsportschool, je la regardais comme un modèle. Elle jouait déjà chez les Yellow Tigers, elle m’inspirait énormément comme centrale. Et maintenant, nous jouons ensemble. Dans un nouvel environnement, c’est précieux d’avoir quelqu’un d’aussi expérimenté à mes côtés.

Je remplace Dominika Pierzchala, gravement blessée. Avec l’enchaînement des matchs — championnat et Europe — tu ne t’en sors pas avec seulement trois centrales. Le volley moderne, c’est rotation, charge physique et interventions rapides. Les medical jokers ne sont plus des exceptions, mais une partie structurelle du système. Je suis heureuse de pouvoir aider l’équipe. Et il y a aussi deux Néerlandaises ici, donc on peut parfois parler en néerlandais. Très pratique. »

Une entraîneuse principale sur le banc
« Récemment, le club a choisi un nouveau souffle. Jelena Blagojević, ex‑internationale serbe, est passée d’adjointe à entraîneuse principale. Elle doit apporter une dynamique fraîche dans cette phase cruciale. Je n’ai eu que quelques entraînements, mais l’énergie est excellente. Je suis très motivée. Pour l’année prochaine, on verra. Les possibilités dans les championnats internationaux sont plus nombreuses que jamais. Même la ligue professionnelle aux États‑Unis devient une option crédible. »

Laura Heyrman : « Le programme est tellement lourd que les medical jokers deviennent indispensables »
« L’arrivée de Nathalie n’a pas été une surprise : le club m’avait demandé un peu d’avis. Avec la charge énorme des différentes compétitions, on doit plus souvent faire appel à un medical joker. Et cela arrive de plus en plus vite, car le calendrier est impitoyable. »

En Ligue des Champions, vous affrontez Eczacibasi Istanbul, ton ancien club
« Cela me fait quelque chose de spécial. J’ai joué avec plusieurs joueuses de leur effectif actuel. Ce sera de belles retrouvailles. L’Américaine Dana Rettke, par exemple, était ma coéquipière à Milan. Soyons clairs : Eczacibasi est favori. Mais il y a toujours une chance de créer la surprise. »

Les hommes de Resovia Rzeszów affrontent Knack Roeselare en Champions League. Comment estimes‑tu leurs chances ?
« Le championnat polonais est peut‑être le plus dur d’Europe. En termes d’énergie et d’intensité, c’est comparable à l’Italie — peut‑être même plus fort. Ici, tu dois livrer une performance de haut niveau chaque semaine pour survivre au bombardement au service. La concurrence est féroce.

L’équipe masculine de Rzeszów est construite pour gagner des titres. Ils ont raté la Coupe de Pologne récemment, donc ils veulent briller en Champions League. Roeselare est prévenu, même si leurs résultats impressionnants suscitent beaucoup de respect en Pologne. Je les ai vus jouer contre les équipes italiennes ces dernières années : un volley très attractif. Et ils semblent encore plus forts cette saison, notamment avec Basil Dermaux qui explose complètement. »

Et dans l’équipe masculine de Rzeszów, il y a un joueur très spécial pour toi : Yacine Louati
« Je le connais très bien. (rires) C’est mon compagnon depuis six ans. Nous avons choisi de rapprocher nos carrières. Ces dernières années, nous avons essayé de jouer dans la même ville ou le même club. Les relations à distance, ce n’est plus pour nous. Nos parcours sportifs avancent désormais côte à côte.

Tu sais où Yacine a joué sa première saison à l’étranger ? En Belgique, à Menen, avec Julien Lemay — aujourd’hui coach — alors encore libero. Et avec Jelle Sinnesael et Anshel Ver Eecke, maintenant assistants. Mon frère Dries est arrivé un an plus tard, donc ils n’ont jamais joué ensemble. Yacine et moi ne sommes devenus un couple que plus tard, quand nous étions tous les deux à Monza. Quand il jouait en Belgique, je ne le connaissais pas encore. Après tant d’années dans différents pays, notre relation passe maintenant au premier plan. »

Texte : WV
Photo : Laura Heyrman


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