Charlotte Krenicky débarrassée de ses soucis au poignet : “Je veux toujours tirer le meilleur de moi-même”

01/06/2026

Entre les matches amicaux des Yellow Tigers — autant d’occasions intéressantes d’évaluation pour le sélectionneur Kris Vansnick — Charlotte Krenicky fait le point. À 25 ans, la passeuse a déjà parcouru un chemin impressionnant. Après ses doublés avec Asterix Avo (deux titres et deux coupes), elle a remporté la Supercoupe allemande avec Stuttgart, puis la Coupe de Roumanie avec Blaj. Si l’on ajoute à cela les belles places obtenues avec l’équipe nationale, la rumeur d’un prochain défi dans le championnat exigeant de Pologne paraît plus que logique. Une conversation sur les lois du volley à l’étranger, le prix physique de ce sport et l’évolution d’une meneuse de jeu.

“Asterix Avo était la meilleure équipe pour conclure mon parcours en Belgique”, sourit Charlotte Krenicky. “Les souvenirs sont formidables. Après deux ans, j’étais prête à franchir le pas vers l’étranger. Stuttgart a été une très belle expérience. Le championnat allemand est très intéressant et l’ambiance y est incomparable. Ce n’est pas normal, cela stimule énormément, et en plus j’étais dans une équipe très agréable. Il y avait certes des différences d’âge entre les joueuses, mais nous fonctionnions presque comme une vraie famille et nous prenions parfaitement soin les unes des autres.”

“Ensuite, il y a eu Blaj, en Roumanie. Une autre dynamique, très chouette aussi. En fait, j’ai eu la chance de tomber à chaque fois dans un bon groupe. Sur le plan sportif aussi, la Roumanie a été une réussite avec la victoire en coupe, même si le titre nous a échappé de peu. Les play-offs y étaient disputés dans une formule éprouvante en best-of-five avec des week-ends doublés. Jouer deux jours de suite à ce niveau-là imposait à certaines joueuses une charge physique trop lourde.”

Défis
“J’aime bien ces défis dans différents pays. J’adore ça, et je pense que mon intégration s’est toujours faite sans trop de difficulté. Je m’adapte assez facilement. Différentes cultures du volley et différents systèmes tactiques renforcent ton adaptabilité. Mon ambition est simple : me tester en permanence dans des championnats où le rythme est plus élevé et la charge physique plus importante. Je veux toujours tirer le meilleur de moi-même. Cela vaut aussi pour les Yellow Tigers, où nous sommes actuellement trois passeuses en concurrence. Chacune avec un profil spécifique. Cela ne fait qu’enrichir les options tactiques du coach.”

Le chemin vers le haut niveau européen ne s’est toutefois pas fait sans casse. Pendant deux saisons, Krenicky a été confrontée à des blessures. Ligaments déchirés au poignet droit, puis fracture du poignet gauche après une ultime action défensive. Pour une passeuse, c’est le pire scénario possible, car tout le toucher fin de la mise en place disparaît.

“Le sport de haut niveau est dur. Le processus constant de rééducation, de reconstruction individuelle et de retour dans le groupe coûte énormément d’énergie. On perd à chaque fois le rythme de compétition. Mais je suis une battante. Mes poignets vont bien, mes genoux protestent parfois légèrement, mais mentalement et physiquement je me sens à nouveau prête à performer au plus haut niveau.”

Volleyball Nations League
Avec la très exigeante Volleyball Nations League (VNL) qui approche, il n’y a guère de place pour les essais à l’aveugle. Le système de classement actuel de la FIVB transforme chaque set et chaque confrontation en lutte mathématique pour la survie au classement mondial.

“Il n’y a pas de place pour l’expérimentation”, analyse Krenicky. “Chaque match doit être abordé à fond. Nous devons prendre des points contre nos concurrents directs et essayer de créer la surprise contre les grandes nations. Ce rôle d’outsider nous convient plutôt bien. Nous avons déjà prouvé à plusieurs reprises que nous pouvions faire mal à l’élite mondiale. Le véritable goulet d’étranglement sera toutefois la charge logistique et physique. Enchaîner des tournois en Chine, en Turquie et à Hong Kong, avec en plus des vols intercontinentaux éprouvants, exige une stratégie de récupération parfaite.”

Le noyau des Tigers continue par ailleurs d’évoluer. Silke Van Avermaet prend une petite pause cet été, le revers de la médaille du sport de haut niveau. D’autres joueuses prennent davantage de place. Krenicky partage désormais la chambre avec Lise Verhelst, déjà testée au plus haut niveau l’an dernier et qui continue d’imprimer sa marque dans la sélection. L’objectif du groupe reste inchangé : garder des solutions de rotation larges, progresser chaque jour, engranger des points et grandir collectivement en équipe.

Pour Krenicky, entre désormais dans la phase la plus importante de sa carrière. “J’ai 25 ans. Pour une passeuse, c’est maintenant que commence la période de vraie maturité tactique. On lit plus vite les situations de jeu, la distribution au filet devient plus instinctive parce qu’on reconnaît les schémas après toutes ces années de travail. L’expérience commence à porter ses fruits. Let’s do this.”

Texte : Walter Vereeck
Photo : Rudy Pollé

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