Tomas Rousseaux : « Nous avons reçu une leçon d’humilité »

05/03/2026

Après un long voyage à travers plusieurs pays européens et heel wat successen, évolue Tomas Rousseaux depuis quelques années dans l’Espagne ensoleillée. Mais même sous le soleil, il y a des jours sombres pour l’ancien Red Dragon de 31 ans. Le week‑end dernier en fut un : lors du Final Four de la Coupe d’Espagne, son club Guaguas Las Palmas, pourtant favori, a été éliminé dès les demi‑finales.
Ce soir, les leaders de la Liga espagnole ont toutefois l’occasion de se racheter avec la venue de Montpellier en Ligue des Champions. Oui, la Ligue des Champions : Tomas et son équipe se retrouvent au même niveau que Knack Roeselare hier soir face à Rzeszów.

Qu’est‑ce qui a mal tourné en demi‑finale de la Coupe d’Espagne ?
Tomas Rousseaux :
« Pour tout le club, ce fut un choc. Monacor (de l’île de Majorque) a joué un match énorme, très bien organisé en défense, et ils nous ont surpris. Notre opposite n’était pas dans un bon jour et nous avons trouvé des solutions beaucoup trop tard. Nous avons reçu une leçon d’humilité. »

Une surprise, car vous dominez largement le championnat espagnol.
« Nous faisons une excellente saison : nous avons gagné la Supercoupe, nous sommes sortis de la phase de groupes en Ligue des Champions… mais notre équipe est composée en grande partie de trentenaires. Notre passeur a même plus de 40 ans. L’enchaînement rapide des matchs dans plusieurs compétitions finit par peser. La vie est agréable ici sur notre île, mais le problème, ce sont les nombreux vols, en championnat comme en Europe. Cela laisse des traces physiquement. »

La venue de Montpellier est‑elle l’occasion idéale pour rebondir ?
« Parmi tous les adversaires possibles, Montpellier me semblait aussi le plus abordable. Je pense que nous sommes d’un niveau comparable à Knack Roeselare. La motivation pour réagir est bien là, et la Ligue des Champions reste quelque chose de très spécial. Ici, cela fait vibrer l’île : la salle est pleine, l’ambiance est incroyable. Nous avons d’ailleurs fait une bonne première phase : seule la défaite contre Berlin était lourde, mais contre Pérouse nous perdons seulement 3‑2, et nous avons joué de bons matchs contre Prague. Ce sont des expériences fantastiques ! »

Montpellier n’est pourtant pas un adversaire quelconque…
« C’est vrai. Avec Tours, ils dominent largement le championnat français. Ils ont un passeur du type D’Hulst, un joueur olympique comme Le Goff, et trois Argentins. Cela peut être un avantage pour nous, car nous avons aussi trois Argentins qui voudront se montrer face à leurs compatriotes. Cela permet aussi d’échanger des informations. Et peut‑être que j’appellerai mon père pour quelques conseils : il suit de près la Ligue française. Cela faisait longtemps que nous n’avions plus affronté une équipe française. Toujours des adversaires très techniques. À voir si nous trouverons les bonnes réponses. »

Où en es‑tu dans ta carrière ? Après la Belgique, tu es passé par Monza, Friedrichshafen, Olsztyn, Katowice, Rzeszów, Suwałki, Modène, le PAOK Salonique… et maintenant ?
« J’ai signé deux ans à Guaguas, donc je serai encore ici la saison prochaine. Je me sens bien, j’ai trouvé de la stabilité, et je peux vivre un mois et demi avec ma compagne — danseuse et chorégraphe — que j’ai rencontrée lors de la cérémonie d’ouverture des European Games. »

Sportivement, tout roule aussi ?
« Je suis content. Nous avons une chouette équipe, les supporters m’apprécient, et l’île est agréable. Il y a plus à faire ici que dans certains clubs polonais où j’ai joué. Mais je prends soin de mon corps, surtout après mon opération du dos il y a quelques années. »

Es‑tu encore candidat pour l’équipe nationale ?
« J’en ai parlé avec le coach Zanini, qui entraîne aussi Valence ici en Espagne. Ce n’est pas un chapitre fermé, mais physiquement ce n’est pas simple après mes problèmes de dos et de genou. Je suis prêt à aider, mais pas dans la première partie de la VNL. À ce moment‑là, j’accompagne ma compagne à Los Angeles, où elle doit se produire, et j’y donnerai aussi quelques entraînements.

La deuxième période avec les Red Dragons reste ouverte. J’aurai 32 ans, et je dois commencer à penser à l’après‑carrière. Si j’ai bien compris, devenir coach aux États‑Unis est intéressant, sportivement et financièrement. Là‑bas, on ne te met pas dehors après deux défaites. Peut‑être une bonne base pour une future carrière d’entraîneur, près du travail de ma compagne. On verra. »

Texte : MC
Photo : Instagram Tomas Rousseaux

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