Matthijs Verhanneman : “Le respect pour l’adversaire doit rester au vestiaire”

09/02/2026

Alors que Haasrode Leuven cherche encore son premier set en Coupe d’Europe et que la lutte pour le top 4 du championnat belge atteint un point culminant ce week‑end avec Aalst – Maaseik et Waremme – Haasrode, à Roulers on se tourne vooral vers les prochains rendez‑vous européens.

Mardi soir, Knack Roeselare reçoit Galatasaray en Ligue des champions, avant d’accueillir Ankara une semaine plus tard. “Une victoire dans l’un de ces deux matches suffit pour poursuivre notre parcours européen”, explique l’entraîneur roeselarois Matthijs Verhanneman. “Et lors de nos quatre premiers matches, nous avons démontré que nous avions le niveau, puisque nous avons chaque fois pris au moins un point.”

Le week‑end dernier, le leader du championnat a pourtant perdu nettement le premier set à Gand, contre Caruur. Verhanneman ne dramatise pas. “Nous avons beaucoup fait tourner, avec sept joueurs alignés à une autre position que d’habitude. Il a fallu un temps d’adaptation, mais j’ai gardé ce même six sur le terrain et on les a vus grandir dans le match. Au final, la victoire est devenue assez confortable. C’est bon pour la confiance de ces joueurs, ils ont montré qu’ils font pleinement partie du groupe.”

En Ligue des champions, on peut donc s’attendre à votre équipe type ?

Verhanneman : “Normalement, une victoire dans les deux dernières rencontres devrait suffire. Les premiers de poule, les deuxièmes et même le meilleur troisième poursuivent leur route européenne. La suite dépendra du tirage au sort et de l’organisation du Final Four. Et en plus, il y a encore le filet de sécurité de la CEV Cup.”

Knack a signé jusqu’ici quatre matches qui se sont tous terminés au tie‑break. “Le fait de prendre au moins un point à chaque fois prouve qu’on a notre place à ce niveau‑là”, estime Verhanneman. “Mais il y avait clairement moyen de faire mieux. À Lublin, nous menons 0‑2 et nous avons deux balles de match que nous ne concrétisons pas. À domicile contre ce même Lublin, nous sommes à 10‑7 dans le tie‑break avant de céder sous quelques ‘bombes’ polonaises. Et au match aller à Galatasaray, nous laissons aussi passer des occasions dans le quatrième set. Il ne faut pas trop ruminer cela, mais bien en tirer les leçons.”

Mardi, vous recevez Galatasaray. Un adversaire abordable à la maison ?

“C’est évident que notre public peut nous donner un gros coup de pouce, ce qui rend le jeu un peu plus facile. Mais, sur le papier, les trois équipes de notre poule sont plus fortes que nous. Ce sera donc loin d’être simple. Offensivement, Galatasaray s’appuie surtout sur le Canadien Stephen Maar et l’opposé français Jean Patry, qui se partagent la majorité des points dans les grands rendez‑vous.”

Que pouvez‑vous opposer à cela ?

“Jusqu’ici nous avons très bien servi dans chaque match, et cela met les adversaires en difficulté. Il faut prendre des risques au service, sans tomber dans l’excès. Je trouve que nous sommes devenus plus stables dans ce domaine. Nous pouvons compter sur plusieurs routiniers comme Pieter Coolman, Stijn D’Hulst et Dennis Deroey, qui font un excellent travail, et sur de puissants attaquants en pleine progression, déjà courtisés par l’étranger – et cela arrive de plus en plus tôt ! Avec cet équilibre‑là, je pense que nous avons suffisamment d’armes pour obtenir de bons résultats. L’essentiel est de rester concentrés sur le présent.”

Quels éléments as‑tu apportés en tant que “nouvel” entraîneur ?

“Je suis un peu tombé dans cette fonction, mais avec un bagage important dans ce club. J’ai connu ici plusieurs grands entraîneurs et une structure avec une forte tradition, où l’on reçoit tout le soutien nécessaire. J’ai toujours vécu cela de manière très intense. J’y prends beaucoup de plaisir, ma confiance a grandi et ma motivation aussi. Peut‑être que ce que j’ai surtout essayé de transmettre aux joueurs, c’est qu’ils doivent laisser le respect pour l’adversaire au vestiaire : une fois sur le terrain, il faut oser se mesurer aux meilleurs joueurs du monde. L’expérience de notre groupe aide clairement à franchir ce cap.”

Il a aussi fallu encaisser quelques coups. “La plus grosse déception reste l’élimination en Coupe de Belgique contre Greenyard Maaseik”, reconnaît Verhanneman. “Mais c’était peut‑être aussi un tournant dans notre saison, un déclic. Nous ne pouvons qu’être satisfaits de notre parcours : en championnat, nous avons laissé échapper à peine trois points et, sur la scène européenne, nous faisons mieux que ce que beaucoup attendaient.”

La récente victoire en championnat contre Maaseik avait donc une saveur particulière. “Oui, c’était important. Le groupe y tenait beaucoup, d’autant que cette victoire pouvait éventuellement empêcher Maaseik de rejoindre la BeNe League. Nous avons tout donné.”

Jamais regretté de ne plus être sur le terrain comme joueur ?

“Non. J’ai fait la paix avec la façon dont j’ai pu dire adieu en tant que joueur. J’ai tourné la page et je suis fier de ce que j’ai apporté au club au fil des années. Je n’ai pas ressenti le besoin de revenir sur le terrain.”

La fonction d’entraîneur n’est‑elle pas plus lourde que tu ne l’imaginais ?

“Il y a énormément de choses qui s’ajoutent en dehors des entraînements et des matches. C’est un chemin intense, qui demande beaucoup d’organisation : planifier les séances, choisir les priorités, gérer la motivation, mais aussi des aspects très concrets comme les repas, la logistique, les menus… Heureusement, le club m’a beaucoup soutenu. Knack Roeselare est une institution, et je viens moi‑même de son noyau de joueurs. On ne l’a pas oublié ici.”

Resteras‑tu coach au moins une saison de plus ?

“J’ai un contrat à durée indéterminée et l’intention de rester. J’ai le sentiment que le comité va dans le même sens.”

Quant aux objectifs pour la suite de la saison, Verhanneman est clair : “Dans un club comme Roeselare, on s’attend à ce que tu gagnes le plus possible. La BeNe League est une belle compétition, bien organisée, avec de bonnes équipes comme Orion Doetinchem et Lycurgus Groningen et de superbes salles pleines de monde. Nous y défendons un titre. En championnat, nous voulons évidemment prolonger notre couronne. Et si nous arrivons à survivre à cette poule de Ligue des champions, nous pourrons, je l’espère, parler à nouveau d’une très belle saison.”

Texte : MC
Photo : Lotto Volley League

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