Yana De Leeuw : « Titre ou coupe ? Résolument la coupe ! »
Contrairement à certains garçons de Knack, Yana De Leeuw rempile pour une année supplémentaire comme passeuse appréciée chez Darto Bevo Roeselare. Elle rit un peu de sa décision de faire encore partie de l’équipe la saison prochaine, à 35 ans.
« J’aurai alors joué plus longtemps au volley que mon mari, Matthijs Verhanneman. Je me sens toujours bien et j’ai derrière moi une saison tout à fait correcte. Dans ma réflexion pour rester un an de plus, l’idée de ne pas faire l’année de trop a évidemment joué. Car l’écart avec mes coéquipières devient naturellement important. Quand je recommencerai en septembre, j’aurai 36 ans, alors que dans notre équipe il y a des filles de 16, 17 ans. Elles doivent encore pouvoir apprendre quelque chose de moi, et pour moi cela doit aussi rester amusant. Je pense que ça ira ! »
Cette saison, elle ne doit en tout cas pas s’en inquiéter. Une finale de coupe atteinte et toujours en lutte pour le titre national, avec en demi-finale au moins une double confrontation contre… Oudegem, l’adversaire de cette finale de coupe.
Yana De Leeuw : « Le fait que nous devions d’abord jouer deux ou trois matchs de play-offs contre Oudegem, c’est évidemment un peu ridicule. Mais bon, c’est le tirage au sort. »
Est‑ce un désavantage pour Darto Bevo Roeselare ?
« Je ne sais pas si c’est vraiment un désavantage uniquement pour nous. Dans les play-offs, ce seront des matchs où d’un côté on testera beaucoup de petites choses tactiques, sans pour autant tout dévoiler. Mais d’un autre côté, nous ne voulons évidemment pas être éliminées de la lutte pour le titre. Pas évident. Car Oudegem n’a terminé qu’à la sixième place en championnat, mais ce n’est en réalité pas la place qui leur correspond. »
Vous avez bien sûr le handicap que l’opposite Nikita De Paepe est out avec une rupture des ligaments croisés du genou droit. Selon l’entraîneur d’Oudegem, Julien Van de Vyver, vous ne disposez pas vraiment d’une deuxième opposite…
« Là-dessus, il a évidemment raison. Les possibilités ne sont pas nombreuses. Nous jouons bien avec quatre réceptionneuses-attaquantes, mais en placer une à l’opposite n’est pas idéal. À nous de chercher qui peut le mieux performer à ce poste : Pauline Luyten, Laure Flamant, Janne Deleu ou Lune Hoste. Qui peut offrir la meilleure solution ? Mais on voit aussi chez Asterix qu’elles jouent parfois avec trois réceptionneuses-attaquantes sur le terrain. Nous ne sommes donc certainement pas sans chances. Ce qui change, c’est que nous passons d’un rôle de favori à celui d’outsider, car la majorité des points venait chez nous de Nikita. Si elle tombe, nous avons effectivement un problème. »
Mais vous aviez pourtant déjà éliminé Asterix en demi-finale de la coupe…
« Oui, mais c’était avec Nikita sur le terrain. C’est donc un peu lire dans le marc de café. En play-offs, nous avons éliminé Michelbeke après un match correct avec quelques expérimentations. À voir donc. »
Quels sont selon toi les points forts d’Oudegem ?
« Elles se battent pour chaque point. Parfois, il faut attaquer dix fois avant de marquer, et c’est fatigant. Elles peuvent limiter les fautes et ramener la balle très souvent. Pour nous, il s’agit alors de ne pas devenir nerveuses. Lors du premier match de championnat contre elles, nous avons eu du mal avec cela. Ce n’est qu’après avoir été menées 2‑0 que nous avons retrouvé notre niveau normal, maîtrisé nos nerfs et gagné 2‑3. »
Oudegem dispose aussi d’un bon mélange d’expérience et de jeunes talents…
« Certainement. Marlies Janssens, Eline Van Elsen, Nel De Meyer, Sarah Houben et Julie Maes ont déjà un solide bagage. Mais cette saison, elles voient aussi l’éclosion de Liese Verhelst, qui a encore marqué 35 points la semaine dernière. Un grand talent, qu’il faudra absolument contenir. Mais elle n’est évidemment pas la seule à surveiller. »
Malgré ta carrière bien remplie, ton palmarès en coupe reste assez maigre.
« En 2010, j’ai gagné la coupe, le titre et la Supercoupe avec Asterix. Mais c’est tout en matière de coupe. Ce serait beau, si je pouvais avoir deux coupes sur mon palmarès, en plus de deux (ou trois ?) titres. Une finale de coupe est cependant toujours quelque chose de spécial. Rarement des matchs de haut niveau, beaucoup de nerfs et dans les circonstances actuelles, difficile pour tout le monde. En plus, j’ai gagné ma première coupe à la Lotto Arena, où je remplaçais Ilka Van de Vyver, blessée. Mais dans l’immense Sportpaleis (Afas Dome), je n’ai encore jamais joué. Ce sera une expérience supplémentaire pour moi. »
Si tu pouvais choisir : plutôt le titre ou la coupe ?
« La réponse classique serait que je veux gagner les deux. Mais si je dois vraiment choisir, je vais résolument pour la coupe. Cette ambiance particulière, une salle pleine, totalement différent d’une finale de play-offs ! »
Comment vois‑tu ton rôle dans cette finale de coupe ?
« Mettre mon expérience au service de l’équipe et surtout apporter du calme. Ne pas paniquer. Quand ça va bien, je peux jouer sereinement. Mais quand ça va un peu moins, je dois essayer d’aider tout le monde et rester calme. Oui, notre coach peut aussi parfois s’emballer. Tu sais qu’il est plus jeune que moi et que ce sera sa première finale de coupe. Peut‑être devrai‑je aussi le calmer ! (éclate de rire) »
En regardant un peu plus loin, vois‑tu beaucoup de changements dans l’équipe pour la saison prochaine ?
« Non. Seule Britt Fransen viendrait d’Asterix, mais pour le reste nous avons une équipe relativement jeune. À part moi, plus de trentenaires. Laure Flamant avait manqué la préparation et le début de saison à cause d’une blessure au genou, mais elle est de nouveau en bonne forme et nous aurons encore besoin d’elle. Il reste seulement à voir ce qu’il adviendra de Nikita. Elle se réjouissait vraiment d’un séjour à l’étranger et elle a beaucoup travaillé pour cela. Mais il faut évidemment attendre de voir comment elle sera après une revalidation d’environ huit mois. »
Y avait‑il plus à faire en Europe et avez‑vous des ambitions européennes pour la saison prochaine ?
« Nous étions déjà contentes de ne pas être éliminées au premier tour par Liberec. Cela aurait été une vraie déception. Mais contre Galatasaray, notre objectif était de marquer au moins 15 points par set. Le fait que nous ayons pu gagner un set chez elles était un énorme boost. Il n’y avait vraiment pas plus à faire contre une équipe qui veut absolument gagner cette coupe.
Pour aller plus loin, nous n’avons tout simplement pas le budget. La moins bonne joueuse de Galatasaray gagne peut‑être dix fois plus que notre meilleure joueuse. C’est comparer des pommes et des poires. Nous sommes une équipe avec des étudiantes, des personnes qui travaillent et qui consacrent encore beaucoup de temps à l’entraînement. Restons le bon club belge que nous sommes. »
Texte : MC
Photo :XV Photography
Programme :
21/03 : Oudegem – DB Roeselare (play-offs)
28/04 : DB Roeselare – Oudegem (play-offs)
05/04 : (éventuel) DB Roeselare – Oudegem (play-offs)
11/04 : Oudegem – DB Roeselare (finale de coupe)