Les ténors du beach belge sont prêts pour Leuven Beach : « Nous gardons notre âme accessible, mais sur le plan sportif et organisationnel, nous ouvrons tous les registres »

09/07/2026

Faut-il encore du sable ? Quiconque se promène ces jours-ci sur la historique place Ladeuze à Louvain sent presque l’adrénaline vibrer sous les pavés. Le décor est désormais légendaire : l’imposante bibliothèque universitaire domine une arène époustouflante, recouverte de 900 tonnes de sable blanc. Ce qui a commencé il y a vingt et un ans comme une initiative de club sympathique pour mettre le sport local en avant est devenu en 2026 un monument du calendrier du beach-volley. Et les équipes belges ? Elles y sont de plus en plus dominantes.

Pendant douze jours, le centre-ville de Louvain se transforme en cœur battant de la plage en Belgique. Après la vingtième édition, anniversaire, l’organisation ne compte pas se reposer sur ses lauriers. La 21e édition de Leuven Beach est imminente et promet d’être plus affûtée, plus fluide et plus impressionnante sportivement que jamais. C’est un festival urbain estival dans sa forme la plus pure : un équilibre harmonieux entre stars internationales de la FIVB, de la Namibie au Brésil, l’élite de la Belgian Beach Tour, une pratique accessible à tous et un fort ancrage sociétal. Armés de près de 300 bénévoles passionnés du club de volley Lizards Lubbeek-Leuven, les inspirateurs Danny Rens et Johan Neven prouvent que sport de haut niveau et communauté chaleureuse peuvent parfaitement fusionner.

Mentalité et optimisation

Messieurs, après un tel point culminant, est-il difficile d’attaquer une 21e édition ? La décompression ne guette-t-elle pas ?
Danny Rens : « Nous avons consciemment tenu cette décompression à distance en adaptant immédiatement notre état d’esprit. Nous avons voulu traiter cette 21e édition comme une année “normale”, mais avec la netteté d’un anniversaire. Nous n’avons pas flotté. L’an dernier, nous avons analysé de manière critique : qu’est-ce qui était bon, qu’est-ce qui pouvait être amélioré ? L’accent est purement mis sur l’optimisation. Cela vous garde les pieds dans le sable. »

Johan Neven : « Nous avons entièrement passé le concept au crible. Pour la journée familiale, nous collaborons désormais avec le DJ Stinus de Zwanzibar pour booster cette ambiance. Nous avons aussi cherché de nouveaux partenaires locaux solides pour nos maillots. Nous avons intégré le logo de la ville de Louvain comme un motif subtil et élégant dans les tenues. Tout le monde les porte ainsi : joueurs, ramasseurs de balles et toute l’équipe. Cela renforce énormément le lien visuel avec la ville. »

Danny, tu écumes les tournois de beach toute l’année. Est-ce là votre secret pour garder les choses fraîches ?
Danny Rens : « Absolument, il faut garder le feeling avec le sport et ses évolutions. Comme je vois autant de tournois différents, je remarque les plus petits détails. Nous attachons une importance gigantesque aux détails. Que ce soit l’annonceur, le branding autour des terrains ou la texture des maillots : tout doit être cohérent. »

Quel sentiment domine quand, après 21 ans, vous voyez les premiers camions de sable arriver sur la place Ladeuze ?
Johan Neven : « La fierté, sans aucun doute. Leuven Beach est “une fête estivale pour tous”. En plus du volley de haut niveau, nous voulons créer une expérience globale. Quand on voit d’où nous venons, on peut en être fier en tant que club. Mais cette fierté ne dure toujours que très peu de temps (rires). Nous restons critiques envers nous-mêmes. Ce qui rend vraiment la chose spéciale, c’est que tous ceux qui viennent aider sont des bénévoles. C’est inouï. »

Danny Rens : « Cela reste un moment magique. Nous sommes désormais des organisateurs expérimentés sur le circuit international ; c’est déjà la sixième fois que nous organisons un prestigieux tournoi Futures. Mais la magie de cette transformation sur la place Ladeuze ne s’use jamais. »
« L’été comme il se doit »

Votre slogan est “L’été comme il se doit”. Que signifie concrètement cette philosophie pour 2026 ?
Danny Rens : « Nous nous mettons constamment à la place du joueur ou du supporter. L’an dernier, le système pour les programmes des tournois ne fonctionnait pas bien. Il était à moitié numérisé, ce qui donnait parfois aux joueurs le sentiment d’être un simple numéro. Cette année, nous avons trouvé en coulisses une solution digitale très efficace. »

Johan Neven : « Nous regardons aussi de manière critique l’offre horeca. Préparer les cocktails entièrement sur place a créé l’an dernier des temps d’attente trop longs. Pour les mocktails, nous collaborons donc désormais étroitement avec Sir. James 101, ce qui accélère énormément le flux sans perte de qualité. Nous envoyons aussi des enquêtes de satisfaction aux visiteurs et aux bénévoles. Si les personnes qui portent l’événement se sentent bien, cela se répercute sur l’ambiance. »

L’élite internationale et belge

Nous en sommes à la sixième édition du FIVB Futures World Beach Pro Tour. La fédération mondiale ne vous supplie-t-elle pas déjà de venir à Louvain ?
Johan Neven : « Supplier est un grand mot, mais la FIVB connaît notre valeur et nous recevons d’excellents retours. On nous a déjà demandé à plusieurs reprises si nous ne voulions pas monter d’un niveau dans le circuit World Tour. Mais nous refusons cela consciemment. À ce niveau Futures, nous conservons notre flexibilité organisationnelle. Plus haut, les restrictions de la FIVB sont si étouffantes que nous risquons de perdre notre propre identité louvaniste et notre convivialité. »

Danny Rens : « Les joueurs internationaux louent notre approche familiale. Côté météo, nous sommes prêts à tout. Qu’il y ait une canicule ou un orage estival : nous avons des scénarios prêts. En 21 ans, nous n’avons heureusement dû annuler un tournoi qu’une seule fois avant son terme. Nous espérons que les dieux de la météo nous seront favorables. »

Quels “exotiques” faut-il surveiller cette année ?
Johan Neven : « Des pays comme l’Autriche, la Tchéquie et les Pays-Bas sont traditionnellement bien représentés. Mais il y a à nouveau de vraies curiosités. Que diriez-vous de la Namibie ? Ils sont directement dans le tableau principal chez les hommes. Dans les qualifications, nous accueillons des équipes d’Uruguay et de Moldavie, et les Brésiliens sont également de retour. »

Comment la participation belge vit-elle cette année ?
Danny Rens : « Énormément ! C’est le moteur absolu des dimanches. Cette année, nous avons pas moins de quatre équipes belges directement dans le tableau principal de chacun des deux tournois internationaux. Fantastique pour la progression de notre propre talent, qui acquiert ainsi une expérience internationale dans un environnement familier. L’an dernier, chez les femmes, Ruysschaert/Van den Broeck ont échoué de justesse à côté du podium (4e place), Coens/Cools ont décroché un bel argent après une défaite contre une paire autrichienne ultra-forte (alors championne du monde U17). Chez les hommes, nous avons eu une finale 100% belge entre Vandecaveye/Vandecaveye et Vercauteren/Van Langendonck. Les frères Vandecaveye l’ont emporté au terme d’un terrain bouillant. C’est exactement pour cela que nous faisons cela. »

Les icônes absolues Dries Koekelkoren et Tom van Walle vont-elles à nouveau créer des frissons ?
Danny Rens : « Dries et Tom ont toujours eu Leuven dans le cœur. Il y a immédiatement une atmosphère de profond respect et de nostalgie quand ils foulent le sable. Aujourd’hui, nous avons contact avec Dries dans son rôle de coordinateur beach à la fédération. C’est magnifique de voir que ces hommes, malgré leur énorme palmarès, plongent toujours avec autant de faim dans notre sable. »

Chez les femmes, la lutte nationale est aussi un régal. Amènent-elles leur propre public ?
Johan Neven : « Absolument, le volet sport féminin de haut niveau grandit chaque année. Des duos comme Simone Vervloet et Lente Thant – qui ont récemment remporté la finale à Torhout contre Hannelore Pass et Anke Coopmans – ou les toujours attractives Tes Waegeneers et Lola Bombeke ont vraiment une base fidèle de supporters. Le monde du beach est une petite communauté soudée. Regardez quelqu’un comme Christophe Witvrouwen (ex-Haasrode Louvain, désormais Caruur Gand). Il est venu à toutes les réunions préparatoires et a officiellement rejoint l’équipe d’organisation, simplement parce qu’il porte cet événement dans son cœur. Même ses parents sont venus spontanément aider l’an dernier. Christophe tourne à fond comme responsable de journée et prend même un lourd shift de nuit. Cette interaction et cette passion, nous en avons besoin. »

Chiffres et logistique
900 tonnes de sable, ce n’est pas rien. D’où vient ce sable et comment se déroule ce chantier monstrueux ?
Johan Neven : « Le sable est acheté directement chez Sibelco ; un investissement stratégique à long terme. Nous commençons le déversement le lundi. Crucial cette année : le sable est d’abord entièrement tamisé mécaniquement avant d’être étendu sur la place. C’est vital pour garantir l’absence d’impuretés et permettre aux joueurs de sauter et de plonger dans les conditions les plus sûres et optimales. »

L’entrée est gratuite depuis 21 ans. Comment bouclez-vous cela budgétairement ?
Danny Rens : « C’est chaque année un casse-tête financier, mais nous ne dévions pas d’un millimètre de ce principe. Cela ne peut pas être une “fête pour tous” si vous devez d’abord facturer 15 euros par personne aux familles pour les tribunes. Pour y arriver, nous revenons à notre base : investir intelligemment et durablement, comme l’achat du sable sur le long terme. »
Et n’oubliez pas les soirées ! Nos légendaires afterworks s’appellent désormais les “Beach Party!’s”. Nous en organisons deux, réparties sur les douze jours. Sport, divertissement, ambiance et networking : les ingrédients restent en or. Que cette 21e édition arrive, nous sommes prêts !

Texte : Kenny Hennens
Image: Will De Neyer

Programme Leuven Beach 2026 (voir aussi leuvenbeach.be/programma) :
Belgian Beach Tour (étape trois étoiles) : 18 & 19 juillet (lutte prestigieuse avec toute l’élite belge).
FIVB Futures World Beach Pro Tour : 9-12 juillet. Sport international de haut niveau à l’état pur.
Beachpartys (Afterwork) : Deux éditions exclusives en soirée avec notamment DJ Voltage.
Programme annexe : Journées familiales les deux samedis (avec notamment DJ Stinus de Zwanzibar), tournoi récréatif (64 équipes), G-volley, Sport de quartier louvaniste et divers jeux sur sable (Kubb, Spikeball, Pétanque).
(Tous les matches et événements sur la place Ladeuze sont entièrement gratuits pour le public).

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