L’ascension du jeune talent Gorik Lantsoght : « Je me rends compte que tout va extrêmement vite »

09/10/2026

Le monde du volley-ball belge n’en revient pas. À tout juste vingt ans, le libéro Gorik Lantsoght a déjà un parcours sportif digne d’un roman d’aventures. Sans jamais avoir fréquenté l’École de sport de haut niveau, le jeune Anversois a gravi les échelons à toute vitesse jusqu’au sommet. Après ses débuts sur le sable et cinq années formatrices à Anvers, il s’est imposé comme un titulaire majeur en réception chez les Red Dragons. Au terme d’un été international épuisant, passé à parcourir le monde au plus haut niveau, le nouveau libéro a concrétisé un transfert de premier plan vers le champion national, Greenyard Maaseik. Le phénomène d’Ekeren est prêt à viser aussi les grands trophées de la Lotto Volley League.


L’été dernier, Gorik Lantsoght avait surgi presque de nulle part lors du Mondial aux Philippines, où il avait immédiatement obtenu une place de titulaire malgré son statut de jeune espoir. Un an plus tard, il prouve que cette percée était loin d’être un coup d’éclat sans lendemain. Au terme d’une Volleyball Nations League (VNL) éprouvante et d’un Championnat d’Europe mouvementé, le libéro de 1,86 m s’est imposé comme le patron incontesté de la défense belge.


Sa progression fulgurante n’est pas passée inaperçue sur le marché des transferts. Le champion national Greenyard Maaseik a engagé le grand talent pour deux saisons et lui a garanti la place de premier libéro. Entre ses premiers jours dans son propre appartement au Limbourg et la préparation de la Supercup, Gorik a pris le temps de parler de son parcours atypique, des leçons du capitaine Sam Deroo, de la déception à l’Euro, de ses premières impressions sur le coach Uģis Krastiņš et de ses nouveaux coéquipiers à la Steengoed Arena.
Gorik, pour ceux qui ne connaissent pas encore très bien ton parcours : ta route vers l’élite belge et internationale est assez unique. Tu n’as pas fréquenté l’École de sport de haut niveau et tu as joué pendant des années comme réceptionneur-attaquant. Comment vois-tu cette évolution particulière ?


Gorik Lantsoght : « C’est effectivement un parcours assez atypique. J’ai commencé par le beach-volley, avec Timo De Gaspari, Tom van Walle et Kyan Vercauteren, puis j’ai rejoint Anvers. J’y suis resté cinq ans, mais avec la deuxième équipe, je jouais principalement comme réceptionneur-attaquant. Ce n’est qu’il y a environ trois ans que je suis définitivement passé au poste de libéro. Avec mes 1,86 m, je ne suis évidemment pas le plus grand au filet, mais j’ai toujours eu de très bonnes sensations en réception et en défense. Le fait de n’être jamais allé à l’École de sport de haut niveau et d’être aujourd’hui le premier libéro de Maaseik et de l’équipe nationale rend cette réussite encore plus belle. Je me rends très bien compte que ce que j’ai vécu ces deux dernières années n’a rien de normal. Tout va extrêmement vite. »

L’été dernier, le sélectionneur de l’époque, Zanini, t’a convoqué pour la première fois chez les Red Dragons et tu as tout de suite été titulaire au Mondial aux Philippines. Comment as-tu vécu ce premier grand baptême du feu face à l’élite mondiale ?
« C’était une expérience immense. Tout à coup, tu te retrouves sur le terrain avec des joueurs que tu regardais auparavant à la télévision : Sam Deroo, Ferre Reggers, Stijn D’Hulst. J’ai disputé presque tous les matches de ce Mondial. Il y a bien sûr eu des moments difficiles — notamment contre la Finlande ou l’Italie, lorsque Kobe Verwimp m’a remplacé de manière excellente —, mais ce Mondial m’a donné le sentiment que je pouvais vraiment gagner ma place au plus haut niveau. Je savais que j’en étais proche et j’ai saisi les occasions qui se sont présentées. »

L’été dernier a été encore plus intense, avec la Volleyball Nations League et l’Euro. En tant que seul libéro sélectionné, tu as joué presque tous les points, du Brésil et du Japon à la Finlande et Turin. À quel point cela a-t-il été éprouvant, physiquement et mentalement ?
« Honnêtement, je n’aurais jamais imaginé que le volley de haut niveau puisse être aussi épuisant, physiquement et mentalement. La VNL est une succession de confrontations de très haut niveau aux quatre coins du monde. Un jour, tu affrontes la Bulgarie ou la Serbie, le lendemain une puissance comme le Brésil. Comme j’étais le seul libéro sélectionné pour l’Euro, toute la pression reposait sur mes épaules et j’ai vraiment dû jouer chaque point. Les nombreux déplacements, les décalages horaires et la pression constante au service demandent énormément à ton corps. Mentalement, c’était difficile quand l’adversaire te ciblait au service et que les ballons ne tombaient pas immédiatement bien, mais l’équipe m’a chaque fois aidé à tenir. Cela m’a fait énormément mûrir comme joueur. »

L’Euro s’est malheureusement terminé sur une déception sportive, surtout après la blessure du capitaine Sam Deroo. Comment surmontes-tu un tel revers ?
« Nous sommes arrivés à l’Euro avec l’ambition claire de jouer pour une médaille, donc la déception a été immense. Nous n’avons tout simplement pas montré le niveau que nous avions atteint au Mondial l’année dernière. La blessure de Sam Deroo a pesé très lourd. Sur le terrain et en dehors, Sam était notre roc et le guide de la ligne de réception. Dans les moments difficiles, il vient te voir, te rassure, organise l’équipe et énonce clairement les choix à l’avance. En général, ce qu’il annonce se produit. Quand tu es un jeune libéro, tu absorbes toute cette expérience. Son absence et le fait que tout le groupe ait dû puiser dans ses réserves physiques après la VNL épuisante nous ont empêchés d’atteindre notre meilleur niveau. Mais cette déception me donne justement encore plus envie de faire mes preuves à Maaseik. »

Tes performances des deux dernières saisons t’ont valu de figurer sur les listes de souhaits de nombreux clubs cet été. Il y a eu un intérêt concret en France et Roeselare s’est également renseigné. Pourquoi as-tu finalement choisi Greenyard Maaseik ?
« Il y avait effectivement de belles options en France, mais à vingt ans, j’avais le sentiment que partir à l’étranger était encore un peu prématuré. Roeselare m’a aussi contacté, mais le projet de Maaseik me convenait de A à Z. Depuis des décennies, Maaseik est un club de premier plan qui joue chaque saison le titre national, la Coupe de Belgique et la Ligue des champions. Mais l’argument décisif a été la confiance : Maaseik m’a pleinement garanti que je serais son premier libéro. J’ai besoin de ce temps de jeu et de cette confiance absolue pour continuer à progresser. »

C’est aussi ta première saison comme professionnel à temps plein et, pour la première fois, tu vis seul dans un appartement à Maaseik. Comment se passe cette nouvelle vie dans le Limbourg ?
« C’est un grand changement, mais fantastique. À Anvers, je combinai encore le volley avec mon travail ou mes études chez Thuismakers. À Maaseik, je suis maintenant professionnel à temps plein pour deux saisons. J’ai emménagé dans un appartement à cinq minutes de la salle. Maaseik est en outre un club très chaleureux et familial. Si tu as besoin de quelque chose, les gens du club sont tout de suite là pour toi. »

Comment se sont passés les premiers contacts et quelles sont tes premières impressions du nouvel entraîneur principal, le Letton Uģis Krastiņš ?
« Extrêmement positives. C’est un entraîneur très fougueux et passionné, qui déborde d’énergie sur le banc. Il coache de façon très ciblée, sent parfaitement quand demander un temps mort ou effectuer un changement et n’hésite pas à te féliciter personnellement après une belle action. Pour un groupe jeune comme le nôtre, cette motivation positive vaut de l’or. Il apporte beaucoup de clarté tactique à nos centraux et à notre défense. »

Et comment se passe ton intégration avec tes nouveaux coéquipiers ?
« Très bien, l’ambiance est excellente. Je connaissais déjà très bien quelques joueurs. J’ai joué deux ans avec Joppe Wolters à Anvers, Tijmen Bus a mon âge et Sam Fafchamps a rejoint l’équipe en même temps que moi après l’Euro. Il y a aussi de nouveaux joueurs étrangers très intéressants. J’avais déjà parlé avec le Finlandais Anti Ronkainen, réceptionneur-attaquant, pendant l’Euro ; il apporte énormément d’expérience, de calme et de stabilité à notre ligne de réception. L’opposite croate Gabrijel Van Ciger — arrivé comme deuxième opposite du grand club de Pérouse — possède une technique fantastique. Le passeur Finoli a un service tactique très intelligent, et l’Estonien Tristan Täht apporte énormément de puissance, avec une frappe redoutable en position 2 et 4. Nous attendons encore le rétablissement de Jordi Van Laar, qui souffre toujours d’une blessure aux abdominaux. »

Pendant la campagne de préparation, vous avez déjà joué des matches amicaux contre notamment Orion, Paris Volley et Chaumont. Où en est, selon toi, cette nouvelle équipe de Maaseik ?
« Lors de ces matches amicaux, nous avons montré par moments un très beau volley. Notre ligne de réception est stable et la connexion entre la réception et notre block-défense fonctionne bien. Nous ne sommes peut-être pas l’équipe la plus puissante physiquement du championnat, mais nous formons un collectif très soudé, avec une excellente mentalité de combat et la volonté de plonger pour chaque ballon. En plus, nous avons beaucoup de joueurs capables de servir avec précision et intelligence tactique. »

Ce week-end, vous disputerez déjà le premier grand rendez-vous officiel de la saison : la Supercup contre votre grand rival Knack Roeselare à la Reo Arena. Comment abordes-tu ce match ?
« Ce sera tout de suite un derby fantastique et un véritable test pour voir où nous en sommes. Roeselare a énormément d’expérience, mais nous lui opposerons notre énergie de jeunes, notre envie et notre précision tactique. Comme notre passeur et notre opposite s’entraînent avec nous depuis le premier jour de la préparation, les automatismes dans notre jeu sont déjà très bons. La Supercup est un trophée à part entière, mais aussi un signal important pour le reste de la saison. Nous ferons tout pour ramener cette coupe au Limbourg. »

Le championnat commencera peu après par un déplacement à Waremme. Qu’en attendez-vous ?
« Il ne faut absolument pas sous-estimer Waremme. Le club s’est renforcé cet été, notamment avec Lallemand, Eltiot De Vleeschhauwer et le passeur suédois Oskar von Sydow. Ils ont une très belle équipe de base. Mais les ambitions de Maaseik sont limpides : nous voulons jouer les premiers rôles sur tous les fronts. Nous voulons défendre notre titre, remporter la Coupe de Belgique et briller en Europe. »
En Ligue des champions, vous attendent de grandes affiches contre Trentino, Lube Civitanova et Varsovie. Ces rencontres te font-elles rêver ?

« Énormément. Quand tu vois le tirage avec des clubs mondiaux comme Trentino, Lube et Varsovie, tu sais que ce seront trois matches où il faudra lutter pour survivre. Mais pour un jeune joueur, ce sont des rencontres de rêve. On apprend énormément à ce niveau et nous espérons pouvoir utiliser cette expérience pour faire la différence dans le championnat belge. »

Questions éclair
Une victoire rapide 3-0 ou un 3-2 haletant ?
« Je choisis quand même un 3-0 rapide ! Un 3-2 offre du spectacle au public et du suspense, mais un 3-0 net permet de garder des forces pour la suite d’une longue saison. »

Un jeu d’échecs tactique ou une puissance offensive pure ?
« La puissance offensive pure ! La tactique est cruciale, mais je joue beaucoup à l’instinct. Et pour les supporters dans une salle pleine, la puissance pure est évidemment magnifique à voir. »

Une salle en ébullition ou un calme clinique ?
« Une salle en ébullition et bruyante, sans hésiter ! En tant que joueur, cela ne peut que te donner de l’énergie. »

Une inspiration individuelle de génie ou un plan tactique sans faille ?
« Pour moi, en tant que libéro, une inspiration individuelle de génie en défense ! En défense, tu dépends de la situation et un sauvetage impossible peut vraiment faire la différence. »

Recruter des stars étrangères ou faire progresser les jeunes du club ?
« Quand tu joues dans un grand club comme Maaseik ou Roeselare et que tu veux lutter pour les grands trophées en Europe, tu as besoin de renforts étrangers. Mais dans les clubs de milieu de tableau, il faut absolument miser à fond sur les jeunes du club. »

Texte : Kenny Hennens
Photo: xvphotography

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