Jos Franssen (Greenyard Maaseik) : “Une quinzième coupe et un dix‑septième titre sur notre liste de souhaits”
Après dix-huit journées, la phase régulière du championnat est parfaitement bouclée. Knack Roulers, Decospan Menin, Greenyard Maaseik et Volley Haasrode Leuven ont confirmé leurs ambitions en décrochant une place dans le top 4. Une récompense qui leur offre un ticket pour la BeNe Conference, la compétition transfrontalière réunissant quatre équipes belges et quatre équipes néerlandaises de haut niveau. De plus, ce top 4 belge s’est assuré une qualification directe pour les Champion play-offs.
D’autres enjeux brûlants attendent encore. Pour Maaseik, la CEV Cup arrive bientôt. Ensuite, place à la BeNe Conference. Le samedi 11 avril, les Limbourgeois disputeront la finale de la Coupe de Belgique à l’AFAS Dome d’Anvers, avant que ne s’ouvre la lutte pour le titre et les tickets européens.
Un calendrier chargé. Oui, beaucoup de beaux défis sportifs s’annoncent. Comme VC Greenyard Maaseik est à nouveau « hot » dans la Steengoed Arena, nous donnons volontiers la parole à son président, un homme particulièrement « happy », Jos Franssen.
Monsieur Franssen : pouvez-vous dresser votre autoportrait ? Qui êtes-vous, qu’est-ce qui vous anime ?
Jos Franssen (57) : « Avec mon épouse Marian Henkens et nos filles Anoek et Axelle, qui travaillent avec nous, nous gérons deux hôtels ‘maaslandais’ : De Spaenjerd à Ophoven (Kinrooi) et De Maaskant, près du centre de Maaseik. Le nom ‘Spaenjerd’ renvoie aux occupants espagnols de Maaseik durant la guerre de Quatre-Vingts Ans (1568–1648). Mon histoire en bref : j’ai étudié le latin-grec au Heilig Kruiscollege de Maaseik. Cette école est justement le berceau du VC Mavoc Maaseik, fondé en 1960. J’y ai été passeur jusqu’à mes dix-huit ans. Après mes humanités, j’ai directement choisi une carrière militaire. Pendant huit ans, j’ai servi notre pays à Soest, en Allemagne, comme sous-officier au sein de la BSD, les Forces belges en Allemagne. »
Après huit ans, vous êtes revenu dans votre Limbourg natal. Quel chemin avez-vous pris ?
« Nous avons commencé avec la cafétéria sportive de Bree-Opitter, le village natal de Kim Clijsters. Nous avons également exploité plusieurs friteries. Le tournant est venu avec l’achat de l’auberge de bateliers ‘Het Witte Paard’, au bord des Maasplassen (316 hectares) à Ophoven. Petit à petit, nous avons transformé l’établissement, passant d’une taverne-restaurant à un hôtel trois étoiles. D’abord 16 chambres, bientôt 25 dès cet été. Nous avons surfé sur le boom du cyclotourisme et les activités nautiques sur les lacs, où mille bateaux de plaisance sont amarrés. Cela assure un flux constant de clients. Les affaires marchaient si bien qu’en 2011, nous avons repris un deuxième établissement : l’hôtel De Maaskant, également trois étoiles. Nous allons bientôt l’agrandir de 20 à 28 chambres. »
Votre entrée dans le monde des affaires vous a conduit en 2006 à un engagement auprès de Noliko Maaseik. Vous avez d’abord été joueur, puis un précieux hôte logistique.
« Exact. Nous avons sponsorisé l’hébergement de toutes les équipes européennes en visite à Maaseik. Nous le faisons toujours. Le décès de la légende Mathi Raedschelders en septembre 2022 a été une perte immense. Mathi a été président pendant 35 ans (1985–2020), grand artisan de la Lotto Dôme, aujourd’hui Steengoed Arena, et a été nommé citoyen d’honneur de Maaseik à titre posthume. Raymond Cretskens lui a succédé un temps, avant de devenir président du Conseil d’administration. Il veille spécifiquement à l’équilibre de notre budget, environ 1,8 million d’euros. Pour ma part, j’ai été élu président général du club en juin 2024, à l’unanimité. »
Passons à cette saison. Les cloches peuvent déjà sonner après deux belles victoires : contre Volley Haasrode Leuven (3-1) lors de la 17e journée et un superbe match de la Saint-Valentin à Lindemans Alost (0-3) lors de la 18e. La mayonnaise semble prendre au meilleur moment après un début hésitant.
« Une fin de phase régulière aussi folle, c’est délicieux. D’abord, les Brabançons sont tombés. Sous les yeux de Thierry Courtois (père du gardien du Real Madrid Thibaut), de l’agent Wout Wijsmans, de Joel Banks (ex-coach du RVV Berlin) et de Vital Heynen, présent à Maaseik pour le décès de son père. Lindemans Alost n’y a pas cru dans la bataille décisive pour le top 4 et s’est laissé dominer. Les ‘Voil Jeanetten’ n’ont pas pu nous déranger. Quelle explosion de joie chez nos supporters. Avec notre passeur Juan Finoli élu MVP. »
Après cette Saint-Valentin fructueuse, la première mission approche : éliminer Karlovarsko en CEV Cup. Voyez-vous les quarts de finale mercredi ?
« Oui, à condition de concéder moins de points qu’au match aller (défaite 3-2). Le retour à domicile, nous devons le gagner. Idéalement 3-0 ou 3-1, car à 3-2, la Golden Set nous guette. Karlovarsko est leader de l’Extraliga tchèque et triple champion national. Leur arme principale est le Letton Renars-Pauls Jansons (ex-Lindemans Alost), 23 ans, à l’attaque. Avec le même jeu propre que contre Craiova, Tourcoing et Alanya, je nous vois passer. »
Que pensez-vous accomplir lors de votre première participation à la BeNe Conference ?
« Par principe, nous jouons toujours pour gagner. La grille de départ place Orion Stars en tête (avec Liam Mc Cluskey), suivis de Knack Roulers et Lycurgus Groningen. Nous sommes quatrièmes, puis viennent Decospan Menin, Draisma Dynamo Apeldoorn, Simplex SSS Barneveld et Volley Haasrode Leuven. Chaque club belge joue huit matchs contre les équipes néerlandaises. Une formule passionnante, j’ai hâte de viser haut. »
Le samedi 11 avril, place au sérieux : la finale de la Coupe à Anvers contre Decospan Menin. Le dernier trophée de Maaseik remonte à 2012.
« J’espère couronner notre beau parcours : Zoersel (0-3), Volley Haasrode Leuven (3-1) et les deux demi-finales gagnées contre Knack Roulers (3-1 à domicile, 0-3 à l’extérieur). De beaux scores. Menin ne sera pas un figurant. Je ne veux pas fanfaronner : rien n’est fait. »
Votre vision des Champion play-offs ? Maaseik peut-il briser la série de cinq titres consécutifs de Roulers ? Et quelles équipes rejoindront le top 6 depuis les Challenge play-offs ?
« Je le dis franchement : nous visons la finale (‘Best of 5’). Notre dernier titre date de 2019. Je rends hommage à feu Mathi Raedschelders, qui a remporté trente trophées (16 titres, 14 coupes). Je mise sur Lindemans Alost et Brabo Antwerpen, ou mieux encore notre voisin limbourgeois Tectum Achel. Ils ont toutefois limogé leur coach Jan Vanvenckenray. Les assistants Joost Weltens et Allan Van de Loo terminent la saison. Waremme, Gand et Guibertin sont outsiders. »
Pourquoi pensez-vous que Maaseik entre dans une nouvelle période faste ?
« Parce que nous sommes enfin plus stables financièrement, opérationnellement et sportivement. Par le passé, il y avait trop de changements. Un va-et-vient constant de joueurs. Cette approche nous a coûté des points cette saison encore : zéro sur six contre Menin et Alost, un sur six contre Tectum Achel. Cela fait mal. Je préfère désormais ancrer les joueurs sur le long terme. Notre passeur Juan Finoli, notre central Sam Fafchamps et notre réceptionneur-attaquant Pierre Perin ont déjà prolongé. Plus de ‘tabula rasa’. Nous voulons construire progressivement une équipe solide. »
Vous souhaitez mettre quelqu’un en avant. Qui ?
« Notre nouvel entraîneur, Pawel Woicki, ancien passeur, ex-international polonais, collectionneur de trophées. Il est aussi entraîneur de l’équipe nationale U21 de Chine, en lien étroit avec Vital Heynen. Je retrouve en lui ma propre mentalité de gagnant. Il a signé pour deux ans. Très motivé, doté d’une grande connaissance humaine, il transmet parfaitement sa vision au groupe. »
Aimez-vous être président ? Vous avez dû abandonner votre rôle de speaker de salle. Quel est votre rêve pour cette saison ?
« Je me sens grandir dans cette fonction. Je tire une grande satisfaction des performances de l’équipe. Cette ‘vibe’ héroïque d’autrefois renaît. Comme président, je veux inscrire ma première coupe et mon premier titre sur ma liste. Cela donnerait encore plus d’éclat à notre période dorée — de 1976 à 2026. Nous évoluons depuis cinquante ans sans interruption au plus haut niveau belge. (En limbourgeois) ‘Wei sjiek is mich da’. Comme je trouve cela beau ! »
Texte : LP
Photo : Jos Franssen