Frederik De Veylder : “Ce ne sera pas une année de transition pour Asterix”
Lors de la présentation de l’équipe d’Asterix Avo Beveren cette année, pas de Kris Vansnick (devenu entraîneur au club français de haut niveau Paris Levallois), c’est donc Frederik De Veylder qui a eu l’honneur de présenter son équipe et ses attentes pour la saison à venir.
Le maintien de seulement quatre joueuses du noyau de l’an dernier, d’emblée quelques lourdes blessures de longue durée chez trois joueuses (Liese Verhelst, Helena Gilson et Ella Joosen) et tout de même quelques nouveaux visages inexpérimentés au plus haut niveau. Peut-on s’attendre, pour le champion sortant, à une année de transition ?
Frederik De Veylder est catégorique. “Absolument pas. Une page s’est certes tournée, mais il reste tellement de talent que nous nourrissons toujours de hautes ambitions.
J’avoue que nous n’avions pas compté sur la lourde blessure de notre point de mire Liese Verhelst, car elle faisait bien partie de notre projet. Au niveau du lien avec l’école de sport de haut niveau également, nous n’avons pas eu de chance : Ella Joosen, blessée au genou, sera à peine visible cette saison et Helena Gilson, bien qu’en rééducation, n’est pas encore autorisée à sauter. À cause aussi des obligations internationales, nous avons parfois dû nous entraîner avec deux passeuses, deux libéros et deux attaquantes. J’espère donc que je ne serai pas jugé sur cela.”
Entre-temps, vous avez déjà joué quelques matches d’entraînement…
Frederik De Veylder : “Nous avons joué contre Münster, Charleroi, Oudegem et Sliedrecht. Nous avons bien sûr été confrontés à nous-mêmes à certains moments, mais cela s’est traduit par une bonne évolution et une belle rencontre avec tout le groupe. Cette équipe travaille désormais très bien ensemble, mais nous ne devons pas être frappés par de nouveaux coups durs, car nous avons peu de ‘back up’ et cela devient parfois un peu de l’improvisation.”
Quels sont les points forts du groupe actuel ?
“Il est bien sûr parti un peu de maturité, mais nous avons encore suffisamment d’expérience dans l’équipe, qui s’entend très bien avec les jeunes talents. L’ADN d’Asterix est certainement resté, tout le monde est prêt à apprendre de nouvelles choses et grâce à un calendrier national raisonnable, nous pouvons faire grandir cette équipe tranquillement dans la compétition.
Nous visons tous un premier beau résultat dans le tour préliminaire de la Ligue des champions. Fin octobre, la confrontation avec Maribor est clairement notée sur notre liste de souhaits. Si nous pouvons la gagner, suivra un duel avec le vainqueur de Porto – Andalousie. Et si cela réussit aussi, nous tomberons en phase de groupes de la Ligue des champions sur personne de moins que Vakifbank.”
Où en êtes-vous par rapport aux autres équipes belges ?
“Nous ne sommes pour l’instant pas occupés avec les autres équipes. Je vois que le groupe se rapproche de mieux en mieux et il y a certainement encore beaucoup de possibilités de croissance. L’arrivée en dernier lieu de la Néerlandaise Iris Scholten est à tous points de vue un cadeau du ciel. J’ai toujours aimé jouer avec des joueuses néerlandaises, car elles disent immédiatement ce qu’il en est. Elle est également déjà très bien intégrée dans l’équipe. Cela en dit d’ailleurs assez sur elle qu’après un séjour au Japon, elle veuille à fond s’investir pour travailler avec un groupe de ‘jeunes’ chez Asterix.”
Tu reprends un lourd héritage après Kris Vansnick ?
“Je lui suis donc reconnaissant qu’il ait laissé ici après un séjour de quinze ans une base solide. Je peux certainement continuer à construire sur cela, mais j’ai aussi déjà une certaine expérience au plus haut niveau belge comme entraîneur à Ostende, Roeselare et pendant quelques années comme entraîneur adjoint chez Asterix. J’essaierai donc de mettre ma propre empreinte sur le fonctionnement de l’équipe.”
Depuis quand savais-tu que tu serais le nouveau coach ?
“Je n’ai certainement pas suivi Kris de manière irréfléchie. Fin janvier, il a annoncé son intention d’arrêter comme entraîneur chez Asterix. Je ne dois pas te dire qu’une fonction chez le champion national attire de nombreux candidats. Mais j’ai bien discuté plusieurs fois avec la direction d’Asterix, car j’ai aussi été confronté au fait que ce club s’entraîne de jour. J’étais après 19 ans dans l’enseignement titulaire et ce défi sportif signifiait donc aussi d’autres changements. Mais aussi bien auprès de mon directeur d’école que de la direction du club, j’ai pu compter sur beaucoup de compréhension. Je prendrai encore quelques heures de politique à l’école, mais je mets maintenant dur le focus sur le volley. J’ai un contrat d’un an et je vais faire qualitativement tout pour l’exécuter au mieux. Si cela convient à tout le monde, je suis bien sûr prêt à le prolonger.”
Qu’est-ce qui a concrètement changé pour toi ?
“Les entraînements de jour. Nous nous entraînons un jour à Vilvorde, un jour à Beveren et trois fois à Wilsele, également dans la région de Louvain, mais dans une toute petite salle très calme qui est entièrement pour nous. Depuis mon lieu de résidence Opwijk, tout est raisonnablement accessible, sauf parfois le Ring de Bruxelles.”
As-tu eu ton mot à dire dans le choix des nouvelles joueuses ?
“Je pense pouvoir compter pleinement sur le soutien des joueuses qui restent. Cette base était déjà là. Je pense aussi pouvoir compter pleinement sur les nouvelles. Mais si j’avais à l’avenir mon mot à dire, je regarderais certainement plus tôt qui est disponible, même si je trouve moi-même scandaleux à quel point ces conversations de transfert commencent tôt. Même avant le Nouvel An. Et beaucoup de joueuses ont de nos jours aussi un manager.”
Quelles équipes seront vos plus grands concurrents ?
“Il y en a quelques-unes. Je n’ai pas encore de vue sur les Antwerp Ladies, mais il est certain que Tchalou, Charleroi et surtout Roeselare se dressent comme favoris. En dehors de nos ambitions européennes, nous voulons cette année vraiment à nouveau atteindre la finale de la coupe au Sportpaleis d’Anvers. Mais aussi sur ce plan, nous sommes confrontés à une tâche difficile, car presque toutes les ‘fortes’ équipes se trouvent de notre côté du tableau. Cela dépendra donc aussi de la manière dont nous-mêmes allons grandir dans les prochains mois.”
Es-tu changé en tant que coach avec le temps ?
“Je suis devenu beaucoup plus calme. Ils disent que cela a à voir avec l’arrivée des enfants, haha !”
Texte : Marcel Coppens
Photo : Framedbyfem