Pierre Perin (Greenyard Maaseik) : « Galatasaray doit céder. Nous voulons la demi-finale de la CEV Cup
Le volley-ball belge vit cette semaine des jours absolument exceptionnels, avec des événements presque uniques au calendrier. Knack Roeselare (Champions League), VC Greenyard Maaseik (CEV Cup) et Lindemans Aalst (Challenge Cup) réalisent tous un parcours européen remarquable.
« Les fans pourront bientôt se régaler de trois affiches de haut niveau », sourit le jeune Pierre Perin (22 ans), l’un des piliers de VC Greenyard Maaseik, aux côtés du bombardier néerlandais Sil Meijs.
Un menu de milieu de semaine (mercredi/jeudi) à s’en lécher les doigts. Un « trois sur trois » serait magnifique, et la preuve éclatante de la compétitivité croissante du top belge en Europe. « Après notre victoire 2-3 au Bosphore, l’équipe déborde de fighting spirit et d’une bonne dose de confiance », espère Perin, prêt à frapper fort.
Originaire de Liège, Pierre Perin — fils de Vincent Perin, président du VBC Waremme — est une étoile montante du volley. Ce succès est d’autant plus mérité pour lui et sa famille après les malheurs de son frère Martin (23 ans), dont la carrière de libero a été brutalement interrompue à Maaseik en raison de graves problèmes cardiaques en 2022 et 2024. « Martin est désormais team manager à Waremme. Un rôle qui lui convient parfaitement et qu’il prend très à cœur », souligne Pierre.
Comment expliquer la progression de Maaseik après un début de saison hésitant ?
Pierre Perin : « Nous n’étions au complet que deux semaines avant le début du championnat. Les automatismes n’étaient pas encore là. La mayonnaise n’a pas pris immédiatement. Il a fallu du temps pour trouver la bonne dynamique. Avec notre nouvel entraîneur polonais Pawel Woicki, nous avons travaillé extrêmement dur pour inverser la tendance dès le troisième match. Et aujourd’hui, tout tourne parfaitement : we are back in town. »
L’objectif est atteint, tant en championnat qu’en Europe ?
« Oui, nous nous battons pour la Coupe de Belgique (après notre dernier titre en 2012) et pour le championnat. Et Galatasaray représente notre cinquième tour en CEV Cup. Nous faisons également un excellent parcours (3 sur 3) en BeNe Conference : 3-1 contre Lycurgus Groningen, 0-3 à Orion Stars Doetinchem et 3-0 contre Simplex SSS Barneveld, malgré la fatigue du long voyage en Turquie.
Nous avons aussi éliminé Knack Roeselare en demi-finale de la Coupe de Belgique, ce qui nous a offert un ticket pour la grande finale contre Decospan Menen le 11 avril à l’AFAS Dome d’Anvers. En Champion Play-offs, nous visons également la finale. En résumé : 2026 pourrait être notre plus belle année depuis 2019. »
Tu te sens donc très bien à Maaseik, où la « volleymania » reprend ?
« Je me sens de plus en plus fort. (Pierre a inscrit 20 attaques contre Galatasaray et servi 7 aces, parfois à 130 km/h.) Les fans m’apprécient aussi. Aux VolleyProms 2024, j’ai été élu ‘Rookie of the Year’. En 2025, les supporters de ‘Sterk es Eik’ m’ont remis le ‘Soulier de bronze’. De beaux signes.
Mes études en ‘International Business’ à la HELMo de Liège avancent bien aussi. Bref, je suis un homme très heureux. »
Ce bonheur, tu veux l’agrandir mercredi contre Galatasaray. La victoire 2-3 à l’aller donne confiance, non ?
« Oui, mais je sais que rien n’est joué. Le match retour exigera une concentration maximale de toute l’équipe pour transformer la mission ‘demi-finale CEV’ en réalité. Galatasaray est troisième de l’Efeler Liga, avec un effectif impressionnant de seize joueurs… dont onze dépassent les deux mètres.
Leur star est le Français Jean Patry, double champion olympique (2m07). Il est l’un des six étrangers, tous très costauds : les Américains Thomas Jaeschke et Michael Patrick Wright, le Bulgare Georgi Tatarov, le Canadien Stephen Maar et le Cubain Roamy Alonso Arce.
Ajoute à cela l’expérience énorme des quadragénaires Hassan Yesilbudak (libero) et Arslan Eksi (passeur). Leur coach est Andrea Gardini, ancienne légende italienne. »
Le danger d’une sous-estimation n’existe pas ?
« Pas du tout. Nous connaissons parfaitement leur niveau. Ils n’ont pas réussi à sortir de leur poule en Champions League avec Roeselare, d’où leur descente en CEV Cup. En championnat turc, ils ont perdu contre Ziraat Bankasi Ankara et Spor Toto. Ce sont des signes de doute, mais nous ne devons pas tomber dans le piège.
Nos exploits contre Craiova, Tourcoing, Alanya et Karlovarsko doivent trouver une suite.
Une chose est sûre : ce sera ‘tous sur le pont’. Nous devons réduire notre nombre de fautes (40 à l’aller). Je martèle : concentration maximale, esprit mental et efficacité dans tous les secteurs.
L’objectif : gagner à nouveau 3-2, avec l’aide de nos supporters.
Plus vite serait encore mieux : 3-0 ou 3-1. Mais attention : Jean Patry peut nous faire très mal. Une défaite 0-3 ou 1-3 serait catastrophique. À 2-3, tout se joue en Golden Set. Tout est possible. »
Tu demandes un maximum de soutien vocal. Les Turcs n’y sont pas habitués.
« Avec plaisir, oui. La Steengoed Arena sera pleine à craquer. Le club a réservé 200 places pour les supporters turcs de la région.
Mais tout le monde sait que le volley masculin en Turquie attire très peu de public, contrairement au volley féminin. Cela joue en notre faveur. Nous aurons notre ‘septième homme’.
Et je précise : la sécurité sera renforcée en raison des tensions au Moyen-Orient. Tout le monde est le bienvenu, en toute sécurité. »
Un mot sur les autres quarts de finale : Lüneburg–Poitiers 3-1, Berlin–Piacenza 0-3, Ljubljana–Fenerbahçe 3-2. Qui préfères-tu en demi-finale ?
« On ne choisit pas. Nous affronterons le vainqueur de Lüneburg–Poitiers. Je pense que Poitiers est un peu supérieur.
L’autre demi-finale sera un choc entre Piacenza et le vainqueur de Ljubljana–Fenerbahçe. »
En Champion Play-offs, vous rêvez aussi de la finale. Et l’été ?
« Une nouvelle campagne des Red Dragons arrive en Volleyball Nations League, avec des matchs au Brésil, en Pologne et au Japon. Ensuite, les qualifications pour l’Euro, avec la poule C à Tampere contre la Finlande, l’Estonie, la Serbie, les Pays-Bas et le Danemark.
Beaucoup de travail, mais c’est pour ça qu’on joue. (Rires) Peu de temps pour ma passion de pâtissier. »
As-tu prolongé ton contrat à Maaseik ?
« Oui. J’ai suivi l’exemple de notre passeur argentin Juan Finoli et des centraux Sam Fafchamps et Gustavs Freimanis. Un transfert à l’étranger, ce n’est pas encore pour maintenant. Je suis sur un nuage à Maaseik. Je reçois toutes les chances pour progresser. C’est la situation idéale pour moi. »
Texte: LP
Photo: Jan Vanmedegael