Yellow Tigers prêtes pour l’Euro : « Notre complémentarité est notre plus grande force »
Cent jours exactement après le début de leur campagne internationale, les Yellow Tigers entament le Championnat d’Europe. Après un été intense marqué par la Volleyball Nations League (VNL), plusieurs stages et des matchs de préparation, la Belgique se rend en Azerbaïdjan avec confiance. Lors de la phase de groupes, les Tigers affronteront successivement l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, l’Azerbaïdjan, pays hôte, et les Pays-Bas.
« Après cent jours passés ensemble, nous attendons ce tournoi avec beaucoup d’impatience », explique le sélectionneur national Kris Vansnick. « Nous nous sommes beaucoup entraînés, nous avons beaucoup voyagé et nous avons passé énormément de temps ensemble. Un Championnat d’Europe est le rendez-vous pour lequel on travaille tout un été. Nous sommes prêts à transformer cette préparation en énergie, en détermination et en solides performances. »
Un groupe élargi comme atout majeur
Ces derniers mois ont été placés sous le signe de la progression pour les Yellow Tigers. Lors de la VNL, l’équipe a dû faire face à plusieurs problèmes physiques, mais plusieurs joueuses ont également eu l’occasion d’assumer davantage de responsabilités. Cela a permis d’accroître non seulement l’expérience du groupe, mais aussi la profondeur de l’effectif.
La Belgique est parvenue à se maintenir en VNL et a poursuivi la construction d’une équipe capable d’évoluer de différentes manières. Vansnick considère précisément cette complémentarité comme l’une des principales armes belges.
« C’est un aspect sur lequel nous travaillons constamment depuis plusieurs années. Pendant la VNL, certaines joueuses ont dû prendre leurs responsabilités plus tôt que prévu ou disputer soudainement beaucoup plus de minutes. Cela nous a permis d’élargir nos possibilités en tant que groupe. À plusieurs postes, nous disposons de joueuses capables de se compléter ou de se relayer. Lors d’un Championnat d’Europe exigeant, avec cinq matchs de groupe en six jours, cela peut devenir un atout particulièrement important. »
Les jeunes joueuses de la sélection contribuent également à cette dynamique. Pour des talents comme Tea Radovic, Pauline Luyten, Flore Maes et Liese Verhelst, cette campagne représente une nouvelle étape importante dans leur développement. Elles peuvent en même temps s’appuyer sur l’expérience de joueuses ayant déjà disputé plusieurs grands tournois internationaux.
« Nous nous concentrons désormais sur les joueuses présentes et sur ce que ce groupe peut accomplir collectivement », souligne Vansnick. « Nous disposons de qualités, d’expérience et de profils différents. Ces dernières semaines, nous avons une nouvelle fois constaté que cette combinaison pouvait bien fonctionner. Nous pouvons donc affirmer que nous sommes prêtes à entamer ce Championnat d’Europe. »
De l’expérience sur la grande scène
Pour une grande partie de la sélection belge, le Championnat d’Europe n’est pas un terrain inconnu. Vansnick lui-même s’apprête à participer à son neuvième Euro. Cette expérience doit permettre à l’équipe de rester sereine dès le match d’ouverture et de gérer la pression particulière liée à une phase finale.
« Nous savons ce qui nous attend », explique le sélectionneur. « Un Championnat d’Europe entraîne davantage d’attention, de pression et d’attentes, mais beaucoup de joueuses ont déjà vécu cette situation. Nous voulons également nous appuyer sur les expériences acquises lors des précédents grands tournois. Il est important de ne pas seulement être performantes, mais aussi de vivre pleinement ce championnat et de donner une nouvelle fois une belle image de la Belgique. »
« Un grand tournoi représente une occasion d’embarquer le public dans notre histoire », poursuit Vansnick. « Nous voulons créer quelque chose en Belgique. Nous espérons que nos performances susciteront à nouveau beaucoup d’attention médiatique et d’enthousiasme autour de l’équipe. »
Un Championnat d’Europe particulièrement relevé
Le Championnat d’Europe constitue un rendez-vous important pour tous les pays participants. Les championnats continentaux jouent un rôle dans le classement international et donc également dans le long parcours vers les prochains Championnats du monde et les Jeux olympiques. De plus, l’équipe championne d’Europe se qualifiera directement pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Presque tous les pays se présentent donc avec leur meilleure sélection disponible.
Selon Vansnick, l’Italie et la Turquie se détachent comme les deux grandes favorites, mais le niveau est également particulièrement élevé derrière elles.
« Pour les meilleures nations européennes, il s’agit du tournoi le plus important de l’été. L’Italie et la Turquie font pour moi partie des grandes favorites pour l’or, mais beaucoup d’autres pays affichent également des ambitions claires. Pour les nations proches du sommet du classement mondial, chaque match peut avoir son importance. Cela rend ce Championnat d’Europe particulièrement relevé et compétitif. »
Les adversaires de la Belgique se battent eux aussi pour de précieux points au classement mondial. L’Espagne, le Portugal, la Roumanie et l’Azerbaïdjan considèrent les rencontres face à des pays mieux classés comme des occasions de récolter des points importants.
« Nous ne voulons pas y penser en permanence, mais nous devons être conscientes de la motivation avec laquelle nos adversaires se présenteront au service. Pour plusieurs pays, ce Championnat d’Europe constitue une occasion importante de se positionner en vue du prochain Mondial. Ils ne feront aucun cadeau à la Belgique. »
D’abord l’Espagne, puis le Portugal
Les Yellow Tigers entameront leur Championnat d’Europe face à l’Espagne. Une rencontre lors de laquelle la Belgique devra immédiatement être pleinement concentrée. L’équipe espagnole a réalisé une préparation solide, avec notamment deux victoires contre la Hongrie.
« L’Espagne semble prête pour l’Euro », analyse Vansnick. « Elle joue mieux que pendant l’European League et dispose de plusieurs joueuses dangereuses. Si sa réception reste stable, elle peut pleinement exploiter ses qualités offensives. Nous savons donc à quoi nous attendre. »
Pendant la préparation, les joueuses belges ont été étroitement associées à l’analyse de leurs premiers adversaires.
« Nous voulons que les joueuses réfléchissent elles-mêmes activement à l’adversaire », explique Vansnick. « Elles ont travaillé en groupe sur l’Espagne et le Portugal avant de présenter elles-mêmes ces équipes. Cela renforce leur implication et permet à l’ensemble du groupe de partager ces connaissances. »
Après l’Espagne viendra immédiatement le match contre le Portugal. Sur le papier, il s’agit de l’équipe la moins bien classée du groupe, mais le sélectionneur met en garde contre toute sous-estimation.
« Le Portugal dispose d’une équipe qui évolue ensemble depuis longtemps et qui n’a rien à perdre. Cela la rend dangereuse. Nous avons déjà affronté une équipe largement comparable lors d’un précédent Championnat d’Europe. En principe, nos qualités physiques doivent nous permettre de faire la différence, mais nous n’y parviendrons que si nous évoluons avec concentration et discipline dès le début. »
La Roumanie vise une nouvelle participation au Mondial
Après leurs deux premiers matchs, les Yellow Tigers bénéficieront d’une journée de repos. Elles entameront ensuite une période particulièrement exigeante, avec trois rencontres de groupe consécutives face à la Roumanie, à l’Azerbaïdjan et aux Pays-Bas.
Le match contre la Roumanie marquera le début de ces trois journées intenses. L’équipe roumaine a réalisé une bonne préparation et a notamment démontré face à l’Italie et à la Tchéquie qu’elle était capable de menacer les grandes nations.
« La Roumanie a manqué le dernier Championnat du monde et affiche clairement l’ambition de participer à la prochaine édition », explique Vansnick. « Elle considère les matchs contre la Belgique et les Pays-Bas comme des occasions de gagner beaucoup de points au classement mondial. Elle vient de réaliser une bonne campagne et s’est renforcée par rapport à nos précédentes confrontations. Elle est prête, elle aussi. »
L’enchaînement de trois rencontres sollicitera énormément l’effectif, tant sur le plan tactique que physique. L’expérience acquise en VNL doit aider la Belgique à gérer cette charge.
« Pendant la VNL, nous avons appris ce que signifiait disputer plusieurs matchs sur une courte période. Il faut bien gérer la récupération, l’énergie et l’utilisation de l’ensemble du groupe. C’est précisément pour cette raison que notre complémentarité peut devenir si importante pendant cet Euro. »
L’Azerbaïdjan, pays hôte, peut créer une ambiance particulière
L’Azerbaïdjan s’annonce également comme un adversaire difficile. Le pays hôte pourra compter sur le soutien de son public et dispose de beaucoup d’expérience au sein de sa sélection. L’équipe pratique par ailleurs un style de jeu auquel les Yellow Tigers sont moins souvent confrontées.
« L’Azerbaïdjan possède une riche histoire dans le volleyball », raconte Vansnick. « Par le passé, son championnat national était particulièrement fort et attirait de nombreuses joueuses russes et sud-américaines. Le niveau a quelque peu diminué ces dernières années, mais l’équipe nationale dispose toujours de beaucoup d’expérience et de puissance. »
Selon le sélectionneur, l’Azerbaïdjan pratique un volleyball plutôt classique, relativement lent, mais particulièrement puissant.
« L’équipe utilise certains schémas que l’on voit moins souvent aujourd’hui. Cela peut être surprenant et exige une bonne capacité d’adaptation. De plus, elle assure une importante promotion autour du tournoi. En tant que pays hôte, l’Azerbaïdjan pourrait créer une ambiance exceptionnelle. Cela le rend encore plus dangereux. »
Les Pays-Bas pour clôturer la phase de groupes
Le derby contre les Pays-Bas attend les Yellow Tigers lors de leur dernier match de groupe. L’équipe néerlandaise a impressionné pendant la VNL et s’est qualifiée pour le Final Eight, devançant notamment l’Allemagne et la Pologne.
« Cet été, les Pays-Bas ont une nouvelle fois trouvé une grande complémentarité au sein de leur équipe », constate Vansnick. « Ils disposent, avec Britt Bongaerts et Sarah van Aalen, de deux passeuses évoluant à un très haut niveau dans leurs clubs et possèdent plusieurs options offensives, avec Elles Dambrink dans un rôle majeur. De jeunes talents sont également prêts à se révéler. »
Au vu de leurs performances en VNL, Vansnick considère les Pays-Bas comme l’un des outsiders pour une médaille.
« Ils occupent solidement une place dans le top 10 du classement mondial et ont montré pendant la VNL ce dont ils étaient capables. Pour moi, ils font partie des outsiders de cet Euro. Nous espérons évidemment pouvoir les affronter lors de notre dernier match de groupe avec une belle position dans la poule comme enjeu. Mais avant d’y penser, nous devons d’abord disputer quatre autres rencontres. »
Match après match
Le premier objectif de la Belgique est clair : franchir la phase de groupes et décrocher une place en huitièmes de finale. Les Yellow Tigers souhaitent y parvenir avec le meilleur classement possible afin de s’offrir une position intéressante pour la phase à élimination directe.
Vansnick ne veut toutefois pas encore regarder au-delà du match d’ouverture face à l’Espagne. En huitièmes de finale, le groupe de la Belgique croisera une poule particulièrement relevée composée de la Turquie, de la Pologne, de l’Allemagne, de la Slovénie, de la Hongrie et de la Lettonie. Un bon classement lors de la phase de groupes pourrait donc faire une grande différence.
« Nous avons l’ambition de nous qualifier pour les huitièmes de finale et souhaitons le faire avec le meilleur classement possible », conclut Vansnick. « Cela pourrait nous offrir une occasion d’aller encore plus loin. Mais il ne sert à rien de commencer dès maintenant à calculer ou à rêver à d’éventuels adversaires. Nous devons rester concentrées sur le processus et aborder chaque match séparément. »
« Nous gardons le scénario positif à l’esprit. Nous savons que le chemin sera difficile, mais nous croyons que nous pouvons réaliser quelque chose de beau lors de ce Championnat d’Europe. Le tournoi pour lequel nous avons travaillé pendant cent jours commence maintenant. »
Sélection belge :
Passeuses :
Lara Nagels
Elise van Sas
Pointues :
Pauline Martin
Liese Verhelst
Réceptionneuses-attaquantes :
Britt Herbots
Tea Radovic
Nel Demeyer
Pauline Luyten
Flore Maes
Centrales :
Nathalie Lemmens
Britt Fransen
Anna Koulberg
Libéros :
Britt Rampelberg
Noor Debouck