Où est passée l’ancienne fierté gantoise ? « Des talents prometteurs en approche »

13/01/2026

Il n’y a pas si longtemps, les équipes de volley de Gand figuraient régulièrement en tête du classement ou remportaient des coupes, tant chez les femmes que chez les hommes.

Aujourd’hui, ceux qui cherchent les anciennes équipes gantoises, jadis si fières, doivent regarder vers le bas du classement. Pourtant, quelques lueurs apparaissent et des perspectives d’avenir semblent se dessiner pour Dok Noord comme pour Caruur Gent. L’équipe masculine est parvenue le week-end dernier à céder la lanterne rouge à Guibertin après une victoire 3-2 contre ce même adversaire.

« En réalité, nous aurions dû conclure plus tôt, notamment dans le quatrième set perdu 26-28. Heureusement, lors du tie-break, nous avons pu compter sur une série de services de Ferre Roelens pour conserver la victoire à domicile », explique l’expérimenté Lowie Stuer.

Les amateurs de volley se souviennent sans doute du Beverenaar aujourd’hui âgé de 30 ans, élu meilleur libero du Championnat d’Europe 2017 en Pologne, où les Red Dragons avaient terminé quatrièmes. « Je n’y ai pas gagné des fortunes, mais j’ai acquis une expérience précieuse face aux meilleures équipes européennes. Malgré un titre avec Knack Roeselare et de belles saisons à Anvers, Gand et Menen, je garde un souvenir particulièrement agréable de mon passage à Sète, en France, où mon épouse et moi avons vécu des moments formidables. Cette période a toutefois été brutalement interrompue par le Covid. Je suis ensuite revenu à Menen, puis à Gand, où je joue depuis plusieurs saisons », explique le podologue de 30 ans, aujourd’hui installé avec sa famille à Maarkedal. Il est donc bien placé pour analyser la situation gantoise.

Lowie Stuer :
« Une victoire comme celle de samedi contre Guibertin fait évidemment du bien. Et l’on voit apparaître certains signaux positifs. Avec notre budget limité, nous savions dès le départ que la saison serait compliquée. Lorsque, en plus, nous avons été frappés en début de championnat par les blessures de deux titulaires, la tâche est devenue encore plus difficile. Cela dit, tout n’a pas été négatif : nous avons remporté des sets contre Haasrode (à deux reprises), Aalst et Anvers, et nous avons aussi gagné à Waremme (0-3).

Nous avons également fait des choix différents. Là où la plupart des équipes du bas de classement investissent leur budget dans six titulaires corrects, nous essayons d’offrir un avenir attractif à plusieurs jeunes talents. D’ailleurs, notre équipe réserve figure actuellement dans le top 3 de la première nationale. Ces jeunes s’entraînent avec nous et évoluent donc à un niveau plus élevé en équipe B. L’enjeu est désormais de ne pas laisser ce talent se perdre. »

Mais en plus de ces six Belges, vous alignez aussi un Ukrainien, un Albanais, un Letton, un Français et deux Néerlandais…
« C’est vrai. En dehors du terrain, l’entente est excellente. Mais sur le terrain, l’équilibre n’est pas toujours optimal. La première étape doit donc être une vision durable à long terme. Jouer avec des joueurs de la région est aussi plus attractif pour les sponsors. Cette saison, nous ne risquons pas la relégation et le plaisir de jeu est prioritaire, tout en voulant offrir quelque chose de positif à nos supporters. Il est difficile de croire qu’une ville comme Gand, avec sa position centrale, ne puisse pas dégager davantage de budget. Il y a suffisamment de talent dans ce groupe. Avec quelques transferts ciblés, nous pouvons tirer beaucoup plus de cette équipe. Je suis convaincu que nous pouvons construire un projet d’avenir intéressant. »

« Du talent aussi chez les femmes gantoises »
Si quelques signaux positifs apparaissent chez les hommes, la situation est plus compliquée chez Dok Noord, l’équipe féminine de Gand. Avec zéro victoire après dix journées et seulement trois sets gagnés, la situation pèse lourdement sur les épaules de l’entraîneur ambitieux Stijn Morand.

« C’est effectivement la première fois de ma carrière que je ne peux pas me battre pour les prix avec mon équipe », reconnaît-il. « La saison dernière, nous avions même décroché un ticket européen, que nous n’avons pas pu accepter pour des raisons budgétaires, ce qui nous a valu une amende. Il avait donc été clairement annoncé qu’il s’agirait d’une année de transition. De toute façon, il n’y aura pas de relégation possible durant les deux prochaines saisons. Nous avons donc choisi de miser sur la jeunesse. En réalité, il s’agit presque d’une équipe U19, qui obtient d’excellents résultats en Champions League belge dans sa catégorie d’âge.

Le talent de ce groupe a encore été confirmé la semaine dernière lors du tournoi WEVZA, où Harriet Jarju a été élue meilleure centrale. Mais il y a évidemment une grande différence entre le niveau des jeunes et la compétition de Ligue face à des équipes seniors. Il suffit de regarder les excellents résultats d’Anvers. L’équipe féminine de Christina Moga joue depuis de nombreuses années avec un noyau quasiment inchangé, et cette expérience porte ses fruits. C’est ce qui nous manque.

Notre ambition ? Avec Dok Noord Gent, nous voulons progressivement gagner davantage de sets, et peut-être même un match. Notre équipe réserve – composée de joueuses encore plus jeunes – peut encore progresser en nationale 3, car elles s’entraînent régulièrement avec l’équipe première. Et, espérons-le, notre vision claire de l’avenir nous permettra progressivement de bénéficier d’un budget plus important. »

Texte : MC
Photos : Lotto Volley League

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