Pieter Coolman arrête en championnat, mais pas encore sur la scène internationale

30/04/2026

Les finales du championnat belge entre Knack Roeselare et Greenyard Maaseik promettent toujours leur lot d’émotions, de passion et, peut-être, de drame. Cette série aura aussi une dimension particulière avec les adieux de plusieurs figures west‑flandriennes : Basil Dermaux, qui poursuivra sa carrière en Italie, mais surtout Pieter Coolman, l’icône de Roeselare, qui tirera sa révérence. Petite nuance toutefois : le central de 37 ans a accepté d’intégrer la sélection des Red Dragons pour l’été, ce qui lui permettra encore de porter le maillot national.

Vendredi, la première manche de la finale se jouera dans une salle chauffée à blanc. Il s’agit bien d’une finale en indoor, pas d’un match de beach‑volley. Coolman assure d’ailleurs qu’il supporte bien la chaleur. Il rappelle même qu’à 18 et 19 ans, il a participé au circuit de beach avec Christophe Van de Plas et Ron Andelhof, atteignant souvent les demi-finales et les finales, avant que les étés ne soient ensuite monopolisés par les compétitions avec les équipes nationales.

Malgré un niveau encore élevé, Coolman a décidé de s’arrêter à Knack. Pour lui, ce n’est pas un départ prématuré, mais le bon moment. Il sent que son corps commence à tirer la sonnette d’alarme, même s’il joue encore à très bon niveau. “Je vois encore une belle version de moi-même”, dit-il en substance, “et j’espère conclure cette période sur un sommet.”

Dans sa carrière, il a tout connu ou presque : titres, coupes, campagnes européennes et grandes soirées avec les Red Dragons. Parmi ses plus beaux souvenirs, il cite notamment la victoire au Mondial 2025 contre l’Italie. À l’inverse, la plus grande déception reste la qualification manquée pour les Jeux olympiques de 2024, perdue d’un rien contre la Bulgarie.

Coolman reste aussi dans le groupe des Red Dragons pour l’été. Il explique qu’il avait tellement apprécié la dernière campagne qu’il avait envie de revivre ça. Il participera à la Volleyball Nations League et souhaite aussi retrouver l’Euro. Selon lui, cette génération est talentueuse, avec des joueurs comme Reggers, Dermaux, Rotty, Deroo ou D’Hulst, et elle peut encore accomplir de belles choses.

Avant cela, place à la finale belge. En battre Achel en trois matches n’a rien d’une démonstration de régularité, reconnaît-il, mais cela ne l’inquiète pas. Achel a montré de très bons passages et le duel à domicile n’était pas simple. Les trois matches contre Achel ont peut-être aussi eu l’avantage de remettre Roeselare dans le rythme après trois semaines sans grosse confrontation. Si cela débouche sur un bon départ en finale, tant mieux.

Roeselare mène toutefois dans les confrontations directes cette saison. Coolman rappelle cependant que les matches remontent déjà à plusieurs mois et que les deux équipes se tiennent de près sur le plan des qualités. Maaseik a bien traversé la saison, les deux clubs ont fait bonne figure en Europe, mais Maaseik a aussi laissé filer la Coupe de Belgique.

Selon Coolman, la différence entre les deux formations est assez claire : Maaseik s’appuie davantage sur les individualités, notamment sur des joueurs comme Meijs, tandis que Roeselare repose plus sur le collectif. Chez Knack, plusieurs joueurs peuvent marquer des points. Le service et la réception seront encore décisifs, car les deux équipes savent faire la différence avec leur mise en jeu. En finale de coupe, justement, Maaseik avait coincé dans ce secteur.

Il balaie aussi d’un revers de main les rumeurs de changement d’entraîneur entre Verhanneman et Tuerlinckx. Pour lui, cela ne tient pas la route. Il dit faire confiance à Matthijs Verhanneman, qu’il juge très bon, soutenu par le staff, le groupe et la direction. Il n’a aucun doute : Verhanneman sera encore l’entraîneur de Roeselare la saison prochaine.

Avec Matthijs Verhanneman et Stijn D’Hulst, Coolman entretient aussi une vraie amitié en dehors du terrain. Les discussions entre amis peuvent parfois aller plus loin, surtout quand des problèmes apparaissent ou qu’un joueur ressent quelque chose avant le staff. Mais dès que l’entraînement ou le match commence, chacun reprend son rôle. “Alors, ce n’est plus ‘Matthijs’, mais ‘coach’”, résume-t-il.

On le décrit parfois comme un joueur rusé, et lui ne s’en défend pas. Il aime utiliser les petits détails à son avantage si cela peut aider son équipe. Son état d’esprit reste toujours le même : gagner, que ce soit un simple jeu de société ou une rencontre importante. Cette mentalité, il l’applique aussi à Club Brugge, son équipe de football préférée, qui a d’ailleurs réalisé un beau parcours européen cette saison.

Il reconnaît malgré tout que son équipe aurait pu aller plus loin en Europe. Il se dit fier d’avoir permis à un club au budget plus modeste de se qualifier pour la suite de la compétition et estime que le parcours européen de Roeselare a été très agréable à suivre. Mais il admet aussi qu’il y a eu un creux, notamment contre Rzeszow après une période très chargée. Jouée un mois plus tôt, cette rencontre aurait peut-être tourné autrement.

Les enchaînements de matches et les longs déplacements finissent évidemment par peser dans les jambes. Coolman estime toutefois que les trois semaines de récupération ont permis au groupe de reprendre son souffle. Roeselare a pu reconstruire sa dynamique vers la phase finale, et quelques matches très intenses ont aidé à retrouver le bon rythme au bon moment.

Le moment du départ sera forcément chargé en émotions. Après son dernier match sous le maillot de Knack, il réalisera sans doute un peu plus clairement que cette page se tourne. Il dit qu’il va manquer aux joueurs, au vestiaire, à la camaraderie, à l’énergie du groupe, aux supporters et à tout l’environnement de Roeselare. Mais il insiste : c’est la bonne décision. Il compte continuer à suivre le volley, tout en se concentrant surtout sur l’ouverture d’un deuxième centre de fitness.

Et s’il revenait un jour dans le volley via ses enfants ? Coolman sourit : son fils de quatre ans ne fait déjà que jouer au volley. Peut-être qu’il deviendra un jour entraîneur de jeunes, dit-il en riant.

Texte : Marcel Coppens
Photo : Lotto Volley League

Programme de la finale
Vendredi 1er mai : 20h30 Roeselare – Maaseik.

Mardi 5 mai : 20h30 Maaseik – Roeselare.

Vendredi 8 mai : 20h30 Roeselare – Maaseik.

Éventuel mardi 12 mai : 20h30 Maaseik – Roeselare.

Éventuel vendredi 15 mai : 20h30 Roeselare – Maaseik.

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