Passation de témoin sur le sable gantois
Après un quart de siècle à la tête de l’organisation, Martin Van der Sichel fera ses adieux fin mai au tournoi gantois trois étoiles de beach-volley. Sander Deruyck et Pieter Kesteloot reprennent le flambeau à un moment où la discipline est plus populaire que jamais, mais aussi sous une pression logistique et financière croissante.
Le beach-volley belge utilise depuis cette année un nouveau système d’étoiles afin de garantir la qualité des différents tournois. L’épreuve de Gand a reçu la note maximale de trois étoiles de la fédération. L’événement, organisé cette semaine jusqu’au lundi de Pentecôte 25 mai sur la Sint-Pietersplein à Gand, compte ainsi parmi les grands rendez-vous sportifs et festifs du printemps.
Un quart de siècle de passion
Pour l’organisateur principal Martin Van der Sichel (64 ans) – mieux connu dans le milieu du volley gantois sous le nom de “’t zandmanneke” –, cette édition aura une forte charge émotionnelle. Ce sera presque sa 25e et dernière organisation. Depuis ses débuts en 2000, le tournoi n’a dérogé au scénario habituel que deux fois : une première lors du déménagement de l’Emiel Braunplein vers la Sint-Pietersplein, puis plus tard lors de l’interruption forcée par la pandémie de coronavirus.
Chaque année, dès le lendemain des six jours de beach-volley, Van der Sichel commençait déjà à préparer l’édition suivante.
Le fait que le tournoi ait commencé dès mardi cette année est une conséquence directe de son succès. “L’affluence chez les jeunes est énorme ; il y a actuellement trente équipes filles sur liste d’attente”, explique Van der Sichel. La logistique derrière l’événement devient elle aussi de plus en plus impressionnante. Cinq terrains – quatre terrains de match et un terrain d’échauffement – sont utilisés intensivement. Une équipe de soixante-dix bénévoles fidèles veille au bon déroulement de l’ensemble. “Mardi matin à six heures, les premiers camions de sable sont arrivés. Nous étions déjà prêts. Une semaine plus tard, nous rendons la Sint-Pietersplein impeccablement propre.”
Le tournoi gantois est aussi connu pour ses initiatives innovantes. Après avoir proposé il y a quelques années une première mondiale avec le concept King and Queen of the Court pour les jeunes, l’organisation poursuit dans cette voie cette année avec des livestreams vidéo professionnels et une compétition Prince and Princess of the Court. Le programme est ambitieux et varié : en plus du sport de haut niveau de la Pro Belgian Beach Tour, il y a des tournois scolaires, des événements d’entreprise et la onzième édition du tournoi de beach-pétanque. Rien que mercredi, 96 duos fouleront le sable.
Le tournoi repose également sur un ancrage local fort, avec le crieur gantois comme animateur, le Memorial Philippe De Cock – cofondateur du club d’affaires gantois –, ainsi que de véritables ambassadeurs tels que Maud Weyckmans (Dok Noord Gent B), Lucia De Broe, Milan Tielemans en Garben Coene (Caruur Gent).
La fin d’une époque
Le départ de Van der Sichel en surprendra plus d’un. La décision est motivée à la fois par des raisons personnelles et par le contexte extérieur. “Le réservoir est vide”, admet-il. “Nous prenons tous de l’âge, y compris mes collaborateurs habituels. J’ai longtemps hésité, mais ce n’est plus aussi simple qu’avant. Wilfried Van Mol – l’éminence grise du volley belge – a organisé son tournoi à Sint-Amandsberg de 1963 à 2000. Nous avons commencé notre histoire du beach en 2000. Aujourd’hui, les conditions ont changé. Les subsides de la ville de Gand disparaissent tandis que les paiements pour le matériel augmentent. Le fait que je parte à la retraite et que je veuille consacrer davantage de temps à ma famille est aussi un argument important.”
Van der Sichel ne disparaît toutefois pas totalement de la scène ; il continuera à soutenir la nouvelle organisation en coulisses grâce à son expérience.
“Je ne vais certainement pas les abandonner.”
La relève est assurée par Sander Deruyck et Pieter Kesteloot, les visages de l’académie de beach-volley BeachTraxx à Gentbrugge. Sur leur site permanent, installé le long de l’ancienne voie ferrée, une centaine de jeunes joueurs s’entraînent désormais.
“Le beach-volley est en train de devenir une véritable hype”, explique Deruyck, lui-même ancien joueur et désireux d’utiliser ce sport comme outil de lien social. “Le potentiel est énorme. En 2023, nous avons déjà organisé le championnat flamand et les Masters pour la jeunesse, qui coïncidaient alors avec le championnat d’Europe de volley. C’était le tremplin idéal.”
Tandis que Deruyck se concentre sur la vision sportive, Pieter Kesteloot – déjà à l’origine de la première édition jeunesse King and Queen – prendra en charge la direction opérationnelle et pratique de l’événement gantois trois étoiles. La passation promet d’être digne d’un quart de siècle de patrimoine sportif gantois.
Texte et photo : Walter Vereeck